L’INRA, ça sert à quoi au fait?

Alors qu’ils venaient d’être élevés au grade d’officier du Mérite Agricole, Jacques Brossier et Patrick Etiévant, deux anciens présidents de l’Inra répondent à notre « tweet interview » sur le sens qu’il faut donner au monde mystérieux des chercheurs. L’avenir est devant nous comme dirait Pierre Dac!

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Jacques Brossier et Patrick Etiévant – Photo : Dominique Bruillot

Jacques Brossier et Patrick Etéviant(*) ont présidé l’Inra à Dijon au cours de ces vingt dernières années. Après une carrière bien remplie, ils ont été élevés au grade d’officier du mérite agricole ce jeudi, en présence de nombreuses personnalités dont le maire de Dijon Alain Millot.

Pour dijonbeaune.fr ils répondent séparément à la « tweet interview », un exercice exigeant puisque chacune des réponses doit en principe (ce qui ne se vérifie pas toujours pour l’un des deux…) tenir en 146 signes. Peu importe, on en garde l’intégralité puisque ces questions, volontairement simplistes pour la plus grande compréhension de tous ne sont pas piquées des hannetons!

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, l’Inra est née « pour nourrir la France ». Est-ce toujours vrai?
Jacques Brossier: « Non ce n’est vraiment le cas, car cette tâche a été atteinte il y a bien 25 ans. Par contre l’objectif pour l’Inra ce serait plutôt aujourd’hui de bien nourrir la France et de protéger les mots clés: agriculture, qualité de l’alimentation, environnement et territoire. »
Patrick Etiévant. « Oui mais positionné sur la qualité, plus sur la quantité. Qualité des sols, de vie des animaux et des agriculteurs, qualité des aliments. »

Les chercheurs de l’Inra sont-ils des farfelus sur une autre planète ou des esprits éclairés et humanistes?
JB: « Les chercheurs de l’Inra sont entre les deux, on y trouve des chercheurs un peu trop pointus sur des sujets étroits manquant d’ouverture et aussi d’autres ayant une capacité de synthèse et soucieux d’éthique. »
PE. « Certains ont les pieds sur terre et d’autres la tête dans les étoiles. C’est ce qui fait la force et l’efficacité de l’Inra car ils se complètent. »

S’il y avait une chose utile au monde à retenir de votre parcours au sein de l’Inra, ce serait laquelle?
JB. « Avoir contribué avec d’autres à faire sortir l’inra de sa tour d’ivoire, en travaillant avec les agriculteurs, les industriels (Vitagora), les scientifiques de l’Université. Le grand campus associant intimement l’université, Agrosup Dijon et l’inra est pour moi un de mes grands succès. »
PE.
 « Evitez de mettre trop de pectines dans vos confitures si vous voulez qu’elles aient le bon goût de vos fruits! »

Est-ce que nous avons des raisons d’être confiants en l’avenir de l’agriculture?
JB. « Oui nous pouvons être confiants, les agriculteurs sont de plus en plus sensibles à l’agroécologie (moins de polluants dans la production) et donc responsables. »
PE. « Certainement. Regardons le lac d’Annecy qui est passé de la mort par asphyxie à la vie. La révolution agricole prend du temps mais elle est en marche. »

5. Demain, nous mangerons des poudres ou des légumes du jardin?
JB. « Aucune inquiétude, l’agriculture française ne va pas abandonner son versant gastronomique. La France peut compter sur elle. En Bourgogne particulièrement. »
PE. « La poudre = vision des années 50? Le jardin restera un loisir. L’avenir est dans les mains du consommateur qui doit refuser ce qu’il n’aime pas. »

(*)On retrouvera Patrick Etiévant ce samedi sur France Bleu, de 11h30 à 12h30, invité de Frédéric Nicolas et Dominique Bruillot à l’émission le Café des bourrus. Ou comment la science sait aussi se mettre au niveau d’une discussion de comptoir.

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