Manifestation ou dérapage?

dijonbeaune.fr est un média consacré à l’art de vivre. Et comme l’art de vivre est proche du savoir-vivre, une fois n’est pas coutume, revenons sur l’agression dont ont été victimes mercredi dernier les salariés de l’entreprise Option Telecom à Dijon, sous prétexte que leur patron, Pierre-Antoine Kern, est aussi le président du Medef régional. Il y a comme un air de dérapage dans l’air.

La démocratie a pour principe de faire entendre les voix dissonantes. La lutte syndicale est ainsi représentative de la diversité des pensées et des situations. A la condition que le débat reste public et que l’action ne touche pas à l’intégrité des autres, surtout quand ils ne sont pas concernés. En langage courant, on appelle ça le savoir-vivre.

manif 3 Les limites ont semble-t-il été franchies, ainsi qu’en attestent certaines photos, lorsqu’une horde (comment l’appeler autrement?) de manifestants a débarqué mercredi après-midi dans les locaux de l’entreprise Option Telecom que dirige à Dijon Pierre-Antoine Kern, le président du Medef de Côte-d’Or et de Bourgogne.

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Bilan: des fumigènes, une porte fendue, une vitre cassée et un « bordel sans nom », témoigne Corine Kern, l’épouse et collaboratrice du PDG de cette société qui, faut-il le préciser, emploie une dizaine de personnes. Surtout une expérience que n’avaient pas à subir ces employés.

Les réactions ne se sont pas fait attendre, à commencer par une lettre signée par tous les salariés de l’entreprise qui, tout en faisant part du traumatisme subi – qui pénalise aussi les voisins de l’immeuble –, assurent aussi leur soutien à leur patron. C’est d’autant plus dommage pour les manifestants mal inspirés – pas vraiment représentatifs des nobles causes qu’ils prétendent défendre comme celle des intermittents –, que la « cible » visée par eux est l’une des plus exemplaires en matière de mécénat cultuel, malgré sa petite taille. Option Telecom, loin de l’image d’Epinal d’une multinationale froide et sans âme, contribue en effet depuis longtemps au développement d’activités associatives musicales sur le secteur. Mais sur cette question, certains manquent de discernement. « Ils ont craché dans la soupe! », dit encore Corine Kern. Le tribunal tranchera.

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