Lamia sur le chant de tir

RLamia_001 © Clément Bonvalot

© Clément Bonvalot

Entretien réalisé par Yves Remord

140 signes maximum pour répondre aux questions. C’est la tweet-interview. A ce jeu-là, Romain Lamia sort de l’image lisse qu’on lui attribue trop souvent et développe en filigrane sa vision de l’art de vivre. Faut dire qu’on a croisé l’artiste en pleine « manif » des chasseurs qui l’avaient coincé comme un gibier en perdition. Bien loin des élans romantiques de son nouveau CD, Rendez-vous rue Jarlier. Allez, Romains, « pool ! »

La variété, c’est de l’alimentaire ? Les artistes sont toujours des crèves-la-faim ?

Pas de préjugés. C’est mon métier, ma façon de vivre, même si je pourrais mieux en vivre. Je suis multi-casquettes, chanteur et producteur.

Ça veut dire que tu ne passes pas le plus clair de ton temps à pousser la chansonnette.

Je préfère être derrière mon piano, jouer dans un bar, mais je suis comme beaucoup de gens, à répondre au téléphone et aux mails.

C’est ta part d’ombre à toi.

J’ai commencé musicien à 16 ans, j’en ai 31. Ca fait la moitié de ma vie, c’est comme ça.

T’en as pas marre ?

Y’a des moments, on a envie de tout envoyer valser, d’autres où on veut tout reprendre à zéro, c’est un vrai métier de passionné.

Tu tiens avec quoi ?

Mon envie, ma foi en ce que les autres disent, les plus proches. Ceux qui m’encensent, tout comme les détracteurs, je laisse dire mais pas faire.

As-tu le sentiment d’appartenir au paysage local ?

On me le fait souvent savoir.

Et tu rêves de t’en échapper ?

Paris c’est à côté, le métier est là-bas, mais je reviendrai toujours. Dijon c’est chez moi.

C’est possible d’être régional et d’avoir des ambitions ?

Être régional n’a rien de dégradant, je le suis et je le défend. Il faut être avant tout un chanteur.

Pourtant tes thèmes n’ont rien de territorial.

Tout à fait, ils parlent de Monsieur Toutlemonde… Mais le Dijonnais n’est-il pas un Monsieur Toutlemonde ?

T’as l’air en forme. Tu vis comment sur tes terres ?

Je mange, je bois, je sors. Des fois trop, mais bon. Etre épicurien, c’est aimer la vie, prendre les bons moments, ne pas subir les mauvais.

Où es-tu le plus heureux chez toi ?

A Dijon, quand je suis en studio et en concert, quand je créé et que je joue pour les autres

Et à table…

Avec une bonne bouteille, comme au Marché de l’huitre, c’est un bon copain. Et dans quelques «gastros le midi», pour découvrir.

Les références aux années 80, aux Michel Berger, Balavoine et consorts, tu les assumes ?

Complètement. Avant ça m’agaçait un peu. J’ai même fait attention à ne pas être comparé dans le premier album. Là, c’est assumé.

Le monde de la chasse, tu suis ça ? Qu’est-ce que tu fous là ?

J’ai été trainé par un bon gaillard que je connais depuis longtemps, avec qui on partage de bons moments. Vers un lieu atypique pour la photo.

Qu’est-ce que tu chasses ?

La gazelle.

Pourquoi ?

Parce que j’aime ça.

C’est autorisé ?

C’est sans permis.

Et tu la manges comment ?

Al dante, comme tout bon Italien qui se respecte.

Non mais, sérieusement ?

Je ne chasse pas, mais j’adore manger le gibier.

Ah, tu laisses le sale boulot aux autres ?

Puisqu’ils ne le considèrent pas comme tel, je leur laisse sans souci.

Pour écouter les dernières créations de Romain Lamia : http://romainlamia.fr

 

 

 

 

 

 

 

 

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