Parc de la Bouzaize à Beaune: l’eau détrône Bacchus

© Bernard Bonin

© Bernard Bonin

C’est à la maladie de la vigne que le Parc de la Bouzaize, à Beaune, doit en grande partie son existence. Une histoire inspirée par la production du CAUE (Conseil en Architecture, Urbanisme et Environnement) de Côte-d’Or, éditeur de la Petite Histoire de l’Architecture depuis l’an 1000 à Beaune.

Le parc de la Bouzaize à Beaune c’est un peu l’histoire d’une bataille entre l’eau et le vin, entre une ondine (nymphe des rivières) et Bacchus. Il aura fallu 24 ans ( de 1886 à 1910) à trois maires – Paul Bouchard (1871-1898) , Louis Détang (1898–1904), Jacques Vincent (1904–1919) – pour acquérir les cinq hectares de parcelles situées à la source de la Bouzaize – ou Bourgeoise – et entourant le plan d’eau, avec le projet de ravitailler les Beaunois en eau potable, l’Aigue ne suffisant plus à alimenter la cité. C’est finalement le phylloxera qui aura le dernier « maux », anéantissant les derniers ceps présents et offrant à Edmond Vard, horticulteur, un terrain de jeu à la mesure de son talent.
On transforme alors le vieux moulin en usine hydraulique – qui sera fermée en 1959. Pour célébrer le triomphe, on commande en 1920 au sculpteur belge Irénée Duriez un bronze d’une ondine baptisée Belena – en référence à la source qui a donné son nom à la ville- installée à l’extrémité de l’île et qui ayant vaincu Bacchus, échappera au pillage de l’armée du Reich grâce aux jardiniers de la ville qui la cachèrent dans l’île artificielle érigée en 1910 avant de la réinstaller à la libération. En 1930 on y élève une maisonnette qui servira de nurserie aux brochets et aux truites qui rejoignent ensuite les grands bacs toujours visibles devant le bâtiment des pompes, puis de grands bassins aujourd’hui’hui enterrés sous l’enclos des daims.

En 1940, le parc animalier vient offrir à Beaune l’un des plus beaux parcs à l’anglaise qui compte l’une des collections floristiques les plus représentatives des espèces les plus courantes à la fin du XIXème siècle (on compte 621 arbres en 1988), mais également des plus rares, implantées lors de son aménagement. Cette variété permet au parc de la Bouzaize d’être classé site naturel et pittoresque en 1949 et d’être aujourd’hui l’un des lieux de loisirs des Beaunois aménagé pour les enfants et le canotage.