Pays nuiton : le salon de l’habitat monte le son

Le Salon de l’habitat en Pays nuiton revient pour sa sixième année. Plus précoce que les précédentes éditions, il se tiendra les 2, 3 et 4 février. Aux côtés des artisans qui gravitent autour de nos maisons, le Musée de l’Electricité sera de la (surprise) partie. Montez le son !

Pierre Chaillot dans son musée de l’électricité à Saint-Apollinaire, dont certains objets seront délocalisés à Nuits-Saint-Georges.

Par Michel Giraud 
Pour Dijon Beaune Mag #68
Photos : Jonas Jacquel

À deux pas d’une imposante Tour Eiffel en pièces de constructions, Pierre Chaillot arpente les allées de « son » musée de l’électricité. Cette idée qu’il a eu il y a 25 ans, en 1992, rejoint rapidement par des passionnés comme lui. Depuis un an et demi, le musée a pris place dans de nouveaux locaux, plus fonctionnels, à Saint-Apollinaire. Ce jour-là, c’est vers les électrophones que l’on s’attardera, ceux-là même qui, début février, rejoindront Nuits-Saint-Georges pour une étonnante exposition au cœur du Salon de l’habitat (lire encadré) : « L’an passé, nous avions parlé lumière, éclairage, avec des conférences… Cette année, nous avons opté pour quelque chose de plus ludique. La musique, et la radio de manière plus générale. Alors vous allez me dire, la musique sur un salon de l’habitat ? Je vous réponds « bien sûr ! » Forcément… Le son est partout dans la maison. Dans la cuisine, dans le garage, dans le salon, dans la salle de bains. Et je ne compte pas la voiture. La musique a un attrait phénoménal. Regardez la foule qui s’est pressée aux obsèques de Johnny, c’est bien la preuve de cette fascination. »

Gramophone et cor de chasse

Sur le gramophone de son grand-père, ce n’est pas Johnny que Pierre s’affaire à faire jouer, mais du cor de chasse. Autre époque, autre mœurs. L’appareil date des années 20, et gratte un étonnant 78 tours en cire : « Regardez la manivelle, regardez la qualité de la mécanique. C’est fabuleux ! », s’enthousiasme l’heureux muséographe avant de préciser que la révolution musicale, la vraie, eut lieu dans les années 60, « le temps des surprises parties, où l’on arrivait avec son Oscar sous le bras et sa pile de vinyles. C’est une époque extraordinaire ».

Lorsque le fameux vinyle justement remplace les disques en cire, il révolutionne l’accès à la musique. D’abord parce qu’il est moins cher, « mais aussi car il est plus souple, moins fragile, plus facilement transportable. La technologie évolue, le son gagne en qualité, surtout parce que l’avènement de l’électrophone nous offre la stéréophonie. Le vinyle, c’est un objet mythique, et cela ne vous aura pas échappé que de nombreux artistes contemporains reviennent au vinyle, certains diffusent leurs albums en disque et en CD en même temps. »

Collections enrichies

La visite se poursuit, emplie de nostalgie. Chaque jour, les collections du musée de l’électricité s’enrichissent : « Nous avons commencé par la mise en commun de nos collections personnelles, puis les particuliers et les entreprises nous ont confié petit à petit du matériel, et cela continue aujourd’hui. » Nouvel arrêt, cette fois devant des postes de radio. Un peu plus loin, du matériel militaire : « N’oublions pas que les militaires ont joué un rôle important dans la radio. C‘est grâce à eux que la Tour Eiffel est restée en place, c’est parce qu’il y avait un émetteur de radio stratégique au sommet qu’ils l’ont défendue et qu’ils ont évité son démantèlement. » La Tour Eiffel qui fait partie de l’héritage familial de Pierre Chaillot : « Mon grand-père était ingénieur chez Thomson, il œuvrait à l’entretien des émetteurs. » Lui a mené une longue et passionnante carrière d’électronicien. Que le Salon de l’habitat en soit témoin !

Musée de l’Electricité Hippolyte Fontaine – 24, rue François Mitterrand – 21850 Saint-Apollinaire (sur le site du Centre Sportif du Grand Dijon – ASPTT) – www.musee-electricite.fr 


De la cave au grenier

Christian Delin, l’organisateur, est depuis six ans sur la même ligne directrice : « Faire comprendre aux habitants du pays nuiton qu’ils vont souvent chercher loin ce qu’ils ont à deux pas de chez eux : il existe dans le tissu local suffisamment d’artisans pour construire, aménager et décorer votre chez-vous. » Ainsi, dans les trois salles de la Maison de Nuits s’installeront une quarantaine d’artisans. Tous travaillent en Côte de Nuits : « Avec la fusion des communautés de Gevrey-Chambertin et de Nuits-Saint-Georges, nous arrivons aujourd’hui à une soixantaine de communes, c’est dire le potentiel », se satisfait l’intatigable promoteur de son territoire, associé cette année à la Grappe Chambertine, « une association qui regroupe les artisans des environs de Gevrey-Chambertin et qui œuvre pour les faire connaitre. Voilà comment nous serons en mesure d’offrir à nos visiteurs une offre encore plus complète, de la cave à la toiture, de l’intérieur à l’extérieur. »

Les 2, 3 et 4 février à la Maison de Nuits-St-Georges. Entrée libre.

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