Dijon sur les murs de New-York

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Le musée 5 Pointz considéré comme la Mecque du graffiti, ne résistera peut-être plus pour longtemps à la pression immobilière qui s’exerce dans le Queen’s à New-York. Une peintre dijonnaise, Véronique Barrillot, s’est rendue sur place pour soutenir le lieu et laisser une empreinte très « bourguignonne » sur les murs.

Véronique Barrillot

La vie nous réserve parfois de drôles de surprises. Véronique Barrillot est une artiste qui est née avec des crayons à la place des doigts. Certes, avec regrets, car on lui répétait sans cesse qu’on ne vit pas de l’art, elle n’a jamais fait les beaux-arts. Mais le talent est là. Tellement présent qu’il finit par exploser… en grand format. Sur des façades ou des murs en pierre ou en béton, Véronique se fait fresquiste et les commandes commencent à pleuvoir. Et puis il y a quelques mois, son travail dont elle peut enfin vivre, est remarqué sur Facebook. Et pas par n’importe qui. Il s’agit de la galeriste New-Yorkaise Jude Amsel à qui l’on doit notamment une oeuvre de verre qui rend hommage aux pompiers, au mémorial du 11/09.

« J’ai été invitée à passer trois semaines à New-York pour faire émerger une voix française sur un des murs de l’usine la plus artistique au monde« , confie Véronique, encore émue par l’expérience qu’elle a vécu là-bas. « C’est très différent de la France. D’abord pour ce projet, il n’a fallu que quelques mois. C’est ça les américains. Ils sont dans l’action. Pas de discours inutiles. Et puis j’ai réalisé ma fresque dans l’endroit le plus en vue du bâtiment. J’ai été très flattée qu’ils m’accordent cette place sur Jackson avenue, en face du musée d’art moderne et visible depuis le métro aérien« .

Tout le Queen’s et les amateurs d’art de la Grande pomme ont donc pu admirer l’oeuvre que la frenchie est venue apposer sur le grand rideau de fer du 5 Ptz.  « C’était incroyable le nombre de personnes que j’ai pu rencontrer qui s’intéressaient à mon travail, l’ont photographié, partagé avec leurs amis sur les réseaux sociaux, etc. »
Et quelle oeuvre ! Témoignant d’une relation durable qui existe dans les échanges culturels entre la Bourgogne et New-York, elle a choisi de revisiter la statue de la Liberté, dont l’ossature avait été offerte par le dijonnais Gustave Eiffel. Celle-ci se dresse fièrement sous l’oeil des Pleurants l’accompagnant, avec ce message : « Laissez-moi la liberté de peindre ». Un travail réalisé à la bombe qui était une première pour Véronique Barrillot plus habituée à manier le pinceau avec dextérité.

Une première aussi pour les conditions de son voyage. Elle a reçu une aide inespérée via la société My Major Company qui a été séduite par la démarche. Le fameux site sur internet donne la possibilité aux artistes chanteurs de se produire grâce à la participation de ses membres qui « investissent » dans la création d’un album. Véronique Barrillot est la première artiste non-musicale à figurer sur le catalogue de la société. Et l’appel a été entendu. Pour se rendre au Etats-Unis, les contributeurs vont lui permettre de financer son voyage qu’elle a effectué en septembre. Ils auront comme récompense la satisfaction de voir leurs initiales apposées sur l’oeuvre éphémère de l’artiste.

Véronique Barrillot travaille désormais sur un nouveau projet : un triptyque pour le grand palais de Paris à découvrir en décembre.

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