Dijon Beaune Mag
Pour accompagner les domaines viticoles dans leurs travaux des sols, Clément Rougeot et son équipe mouillent la chemise. Descendant d’une saga familiale intimement liée à Meursault, l’énergique dirigeant de Rougeot Viti est aussi attaché à décarboner la côte, sur fond de nécessaire renouvellement du vignoble. Au pas de course !

Le grand-père avait défriché le terrain. Dans les années 1950, en parallèle du domaine familial et avant d’être le maire bienfaiteur de la commune entre 1975 et 2001, Hubert Rougeot griffait déjà le sol de Meursault avec son cheval.
« Mais pas pour très longtemps. C’était un avant-gardiste, il a très vite compris la pénibilité du travail et cherché à mécaniser les tâches », loue le petit-fils, prenant à témoin ce premier tracteur rouge sorti de la Manufacture d’armes de Paris.
Grâce à d’autres précurseurs comme la famille Bobard, la côte opère alors sa petite révolution technologique et culturale. Les agriculteurs de la plaine enlevaient les céréales dans les Narvaux et Les Charmes au profit de la vigne. « Il m’arrive aujourd’hui d’arracher de vieilles parcelles que le grand-père avait mises en place. »
Ainsi fut posé le jalon d’une magnifique saga viticole et de construction nommée Rougeot. L’entreprise de TP que l’on connait aujourd’hui, récemment transmise par l’oncle Christophe au groupe Colas, avait entretemps renoué avec ce métier historique de la vigne.
Produit maison forgé dans la culture des travaux publics, motivé par la vie des sols et de la vigne, Clément Rougeot fondait ainsi, en septembre 2020, Rougeot Viti. Six ans plus tard, l’entreprise compte 21 salariés et accompagne près de 200 domaines de Dijon à Buxy. Elle est en première ligne pour accompagner le nécessaire renouvellement du vignoble.
Arracher une vieille vigne, préparer les sols, restructurer les parcelles, bâtir un mur de pierres sèches, accompagner les plantations et installer les infrastructures… « Ce qui m’intéresse, c’est d’être le partenaire d’un domaine, dans un esprit de proximité et de continuité de services », pose le dirigeant de 38 ans.
Avant de replanter, encore faut-il comprendre la mélodie des sous-sols. C’est là qu’interviennent les analyses et les fosses pédologiques réalisées par l’entreprise.
Clément Rougeot et ses équipes observent avec finesse la structure, le développement racinaire, les carences éventuelles. « Cet audit servira ensuite au vigneron pour prendre la bonne option culturale », résume l’intéressée, dont les alliés de replantation sont parfois étonnants. Grâce à sa racine en pivot, le radis est un excellent décompacteur naturel des sols.
Outre le fumier frais composté et certifié bio que nous épandons, les légumineuses ou le seigle enrichissent le sol en matière organique, augmentant ainsi sa fertilité et sa capacité de rétention d’eau.
Ces approches sensibles du terroir se font souvent en lien avec de nouvelles générations de vignerons , qui ont « conscientisé toutes ces bonnes pratiques ».
La question n’est plus seulement de produire du raisin. Elle est aussi de préserver les sols, favoriser la biodiversité et limiter l’impact environnemental. Rougeot Viti martèle depuis ses débuts ses efforts pour décarboner la côte, à l’image de cet enjambeur 100% électrique proposé aux domaines ou des replantations de haies et d’arbres qu’elle assure.
Cette philosophie se retrouve jusque dans le recyclage des ceps arrachés. Chaque année, l’entreprise retire 20 hectares de ces pieds fatigués. Des milliers de bois qui finissaient souvent brûlés. « Aujourd’hui, ils sont broyés par nos soins et revalorisés dans les espaces verts des domaines », apprécie Clément Rougeot, observant aussi « que la Bourgogne va dans le bon sens sur ces sujets ».
De quoi enthousiasmer ce dirigeant actif sur tous les fronts, engagé comme premier adjoint de Mavilly-Mandelot et coureur à ses heures perdues. « Il m’arrive encore de faire une vingtaine de kilomètres le week-end, de participer à la Sainté-Lyon ou l’UTMB… », glisse-t-il. Pas de doute, l’esprit Rougeot court encore !
rougeot-viti.com
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