Affaire Giboulot: le viticulteur reconnu coupable

© ipsn.eu

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Emmanuel Giboulot, viticulteur en biodynamie en Côte de Beaune et Haute côte de Nuits a été reconnu coupable hier et condamné à une amende de 1000 euros (dont la moitié avec sursis) pour avoir refusé de traiter ses vignes contre une maladie mortelle de la vigne, la flavescence dorée. Il fait appel.

On se souvient de l’affaire Emmanuel Giboulot: ce viticulteur qui exploite 10 hectares de vignes en Côte de Beaune et Haute côte de Nuits avait refusé de se soumettre à un arrêté préfectoral de 2013 imposant à tous les vignerons de traiter leurs vignes pour lutter contre la cicadelle, insecte transmetteur de la flavescence dorée, une maladie mortelle de la vigne. La découverte antérieure d’un important foyer en Saône-et-Loire, qui avait obligé à l’arrachage de plusieurs hectares de vignes, avait motivé cet arrêté. Emmanuel Giboulot estimait lui que le foyer était trop éloigné de ses parcelles pour constituer un danger et avançait l’idée que l’utilisation de traitements, y compris reconnus par la filière biologique, était une menace pour la totalité de l’écosystème de la vigne.

Le vigneron avait reçu un important soutien de la part de particuliers, des écologistes de EELV ainsi que d’une association (l’Institut pour la protection de la santé naturelle), basée à Bruxelles, qui avait fait circuler sur les réseaux sociaux une pétition de soutien : celle-ci avait très vite recueilli plusieurs milliers de signatures (500000 à ce jour). Par contre, la profession s’était divisée sur ce cas et le BIVB s’était totalement désolidarisé d’Emmanuel Giboulot, estimant qu’il avait été récupéré et qu’il donnait une mauvaise image de la Bourgogne.

Le 24 février dernier, ce sont donc deux conceptions de la viticulture et du principe de précaution qui se sont affrontées lors d’une audience correctionnelle au cours de laquelle une amende de 1000 euros (dont la moitié de sursis) avait été requise. En fait, Emmanuel Giboulot encourait jusqu’à six mois d’emprisonnement et 30000 euros d’amende.

Le jugement avait été mis en délibéré et a été prononcé hier: le tribunal a suivi les réquisitions et confirmé la culpabilité du viticulteur ainsi que l’amende de 500 euros et 500 avec sursis. A la sortie de l’audience le viticulteur a annoncé son intention de faire appel, d’une décision certes symbolique mais « pas juste » selon lui.

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