« S’engager » n’a jamais autant de sens quand il est appliqué à l’Armée. En BFC, 800 à 1000 jeunes par an sont embauchés, à des postes de toute nature, dès 17,5 ans, sans diplôme jusqu’à bac +5. Dans la caserne Vaillant, au Cirfa de Dijon, l’adjudant-chef Hervé K. est en première ligne pour en attester.

L’adjudant-chef Hervé K. en mission pédagogique au Cirfa de Dijon © Christophe Remondière

L’ennemi Covid, invisible et pernicieux, n’atteint pas pour autant les esprits les plus valeureux. Le responsable du recrutement pour l’Armée de Terre en Côte-d’Or est affirmatif : « Cette année encore, malgré ce que traverse le pays, nous maintiendrons notre objectif de 16 000 emplois et formations à pourvoir sur l’ensemble du territoire national. C’est une constante chez nous depuis quelques années, compte tenu des départs en retraite et des fins de contrat. » L’adjudant-chef K. prend la mesure de son rôle. L’Armée est l’un des premiers recruteurs de France. Au bas mot 100 000 volontaires tentent leur chance chaque année.

Le moral des troupes

Dans la salle d’attente du Cirfa de Dijon, avenue Garibaldi, tout près des lieux de fête qui tranchent avec la rectitude de l’environnement, les candidats se succèdent. Certains sont des naufragés de la crise sanitaire, les « premiers décrocheurs », et sont venus chercher un monde à haute intensité, où la résilience, la fameuse, n’est pas qu’une vue de l’esprit. D’autres, très tôt, ont eu envie de servir. « Mais nous mettons un préalable à tous nos entretiens de recrutement », précise le chef de centre. Le moral des troupes, quoi de plus logique, doit être irréprochable : « S’engager, c’est avant tout devenir soldat, personne ne doit l’oublier. Un cuisinier comme une secrétaire vont entretenir ce statut et une attitude tout au long de leur carrière, en effectuant des manoeuvres, en passant du temps sur les pas de tir. Le risque vital, à géométrie très variable, n’est pas la seule composante du métier. Il y a aussi la mobilité. Certains jeunes n’en ont pas conscience du tout. »

Ce cap fixé, l’Armée accorde son attention à tous les profils. On peut être une jeune fille de 17 ans et demi sans diplôme comme un gaillard de 32 ans avec un bac +5. Pour les personnes non diplômées, l’Armée de Terre propose des formations. Il faut d’abord passer par trois jours de sélection. « Nous encadrons le ou la candidat(e) dans une série de tests sportifs et cognitifs, qui précède un entretien d’orientation et une visite médicale. À ce moment-là, on les confronte à un métier, un cursus de formation en lien avec son envie profonde », détaille le responsable, convaincu de la souplesse du dispositif et de l’importance de sa corporation dans la réinsertion professionnelle. « Certains ont des projets déjà ficelés, d’autres ont besoin qu’on les accompagne dans leurs choix, ce que nous faisons en toute circonstance. Tout le monde a sa chance, homme ou femme, sachant qu’à l’heure actuelle la part féminine dans l’Armée de Terre, à hauteur de 10 %, progresse. Cela parait peu, mais avec environ 13 900 femmes, nous demeurons l’une des armées les plus féminisées au monde. »

Diversité insoupçonnée

Et il y a beaucoup de choix, dans tout cela : quelque 350 métiers, d’une diversité parfois insoupçonnée. Combattant de l’infanterie, agent logistique, technicien de maintenance électronique, mécanicien, voire les hautes sphères de l’aéronautique. « L’Armée se perfectionne et évolue, nous avons de plus en plus de métiers de pointe. Dans de nombreux domaines, nous sommes en avance sur la technologie. Même le soldat doit avoir une bonne connaissance en la matière, car aujourd’hui, ses tenues sont connectées. »

Outre les écoles d’armes, l’institution possède des établissements d’étude, où il est possible de passer un bac pro, en maintenance auto par exemple. Certains cursus, comme dans l’informatique, conduisent à l’obtention d’une bourse étudiante, sous conditions de réussite et d’engagement. À Dijon, six personnes composent le bureau du Cirfa, dont quatre conseillers qui suivront les candidats dans tout leur parcours, y compris un an après l’engagement, « pour s’assurer que le choix a été le bon, que la motivation et le goût de servir sont intacts ». La bien nommée caserne Vaillant est ouverte, le site sengager.fr (spots vus à la télé !) aussi. Il y a toujours une place pour les esprits valeureux.


Cirfa Dijon, 24 avenue Garibaldi
Du lundi au vendredi (8h-12h / 13h-18h) et le samedi sur RDV.

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