DijonBeaune.fr prend le pouls des artisans locaux pendant ce second confinement. Marie Gaffiero, fleuriste à Chenôve, garde le sourire. Si son activité a baissé de moitié, elle peut compter sur des clients solidaires qui maintiennent sa boutique à flot. Tel est le pouvoir des fleurs.

Marie Gaffiero, fleuriste à Chenôve, vit ce second confinement avec résilience. Photos © Jean-Luc Petit

Dans sa petite boutique, sur la route de Beaune, juste après que le tramway bifurque en direction de Chenôve, Marie Gaffiero, artisan-fleuriste confinée, garde le sourire. Chaque jour elle rejoint son poste, accueillant ses clients derrière un bureau qui barre la porte d’entrée. Barrière illusoire contre le Covid-19, ce comptoir improvisé s’ouvre sur un monde de fleurs fraîches, que l’artisan reçoit quotidiennement. « C’est un peu la signature de ma boutique, je veux pouvoir proposer les fleurs les plus fraîches possible, celles qui dureront le plus longtemps chez mes clients. C’est pourquoi j’en reçois chaque jour », détaille celle qui a ouvert son « Atelier de Marie » il y a un peu plus d’un an, après une bonne partie de sa vie professionnelle rue Montchapet.

« J’ai travaillé trente ans dans les fleurs, comme salariée, et j’ai eu envie de me mettre à mon compte », poursuit celle qui affronte donc son second confinement, qui ne se « passe pas trop mal », assure-t-elle. Boutique fermée, Marie propose ses fleurs en click & collect, et assure des livraisons gratuites. Elle parvient ainsi à maintenir une activité significative, certes réduite de moitié par rapport à une période ordinaire.

Artisan confiné, chaleur humaine & solidarité

Comme ses collègues, Marie a poussé un vrai « ouf » de soulagement en apprenant qu’elle pourrait garder son atelier ouvert pour la Toussaint, moment fort de l’activité et bouée de sauvetage en période de tempête économique. « J’ai très bien vendu, presque tout à vrai dire. Les clients étaient solidaires, ils ne venaient pas que pour fleurir les tombes de leurs proches, mais aussi pour soutenir la boutique », note-t-elle. Un client est même passé lui acheter plusieurs bouquets, tout en avouant, c’est étonnant, « ne pas aimer les fleurs ». Juste par solidarité.

La fleuriste mise sur sa simplicité et sa chaleur humaine pour faire la différence. Elle prend le temps de parler avec ses clients, acheter des fleurs doit être un moment de plaisir, un moment où l’on cherche, aussi, à faire plaisir. « En ce moment, j’ai beaucoup de commandes pour des parents, ou des grands-parents. Les gens veulent continuer à dire qu’ils les aiment à leurs proches, c’est tout le message des fleurs. Quand je livre, j’essaye toujours de faire une photo des gens avec leur bouquet, pour l’envoyer à mon client commanditaire. »

Les fleurs, c’est l’avenir !

Ce second confinement n’a rien à voir avec le premier, qui a mis les nerfs de tout le monde à rude épreuve. « J’ai eu des clients en pleurs, qui m’ont fait pleurer moi aussi… » Marie voit l’avenir économique avec confiance. Elle s’acquitte d’un loyer relativement modeste et ne s’est pas endettée pour son installation. Une chance quand il faut affronter une grosse compression de chiffre d’affaires. Elle a pu bénéficier de deux aides de 1500 euros lors du premier confinement, mais n’en a, à ce jour, sollicité aucune pour le second épisode. C’est surtout la fidélité de sa clientèle qui la rassérène. « La fleur, c’est quelque chose qui nous accompagne à tous les grands moments de notre vie, et comme mes clients sont fidèles, il n’y a aucune raison de craindre pour l’avenir », assure-t-elle dans un grand sourire.

L’atelier de Marie, 27 avenue Roland Carraz à Chenôve. Reçoit les commandes par téléphone au 09.50.90.79.91

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