Il n’y a pas que les Hospices de Beaune dans la vie d’un touriste. Le greeter Pascal Minguet en est plus que convaincu lui qui, avec la foi de l’amateur, propose de commencer la visite par un petit tour au marché dans celle qu’il décrit comme… « le centre du monde ». Ni plus, ni moins.

Par Michel Giraud
Photo : Michel Joly

Greeter beaune

« Le centre du monde! » Pascal Minguet n’y va pas par quatre chemins. Beaune, ce Franc-Comtois l’a découverte en 1982, l’année où il décroche un poste à la mairie. Il y travaillera deux ans, avant de rejoindre Paris. Aujourd’hui, Pascal est revenu vivre dans le Pays beaunois : « J’adore. C’est une petite ville, qui a tout d’une grande. J’habite sur la Côte, mais un jour, c’est sûr, j’habiterai dans le centre de Beaune! »

Si vous voulez croiser Pascal, c’est au marché qu’il faut aller, le samedi matin: « La vitalité d’un marché, c’est un indicateur très fiable sur la santé de la ville. Et celui de Beaune est tout simplement étonnant, vivant à souhait. Comme la ville. Quand vous y venez très tôt, vous croisez les vrais restaurateurs beaunois.
Vous y croisez aussi les habitants, sur un vrai marché. Il y a une partie “touristique” devant les hospices. Le reste, c’est de l’authentique. Là-bas, il y a le ban incroyable des établissements Mairet, le spécialiste des poulets de Bresse. Sous les halles, il y a encore deux ou trois mamies qui viennent vendre leurs pigeons, leurs poules, leurs bouquets aussi, comme ceux que fabriquait ma grand-mère. Ce marché regorge de producteurs locaux, notamment des maraîchers du Val de Saône. Il y a le fromage bien sûr, la maison Hess, et son fabuleux délice de pommard aux bourgeons de cassis. »

Et puis ce marchand de fromages de chèvre aussi, un peu plus loin, qui vous rend la monnaie en chantant ! C’est de là que Pascal Minguet débute la quasi-totalité de ses visites. Préalable à une découverte qu’il a imaginée « discrète. Bien sûr qu’il faut voir les Hospices. C’est là que l’on comprend beaucoup de choses sur la ville, sur son histoire. Mais après, il faut sortir des sentiers battus ».

Découvrir Beaune dans les pas de Pascal, c’est aussi s’attarder dans la cour de l’hôtel du Cep, dans celle de l’hôtel des Ducs: « Ça permet de parler de vin, car vous savez, tous les gens qui viennent ici veulent entendre parler de vin. Tous sans exception! Mais il y a tellement d’autres choses à découvrir ». Un passage obligé par exemple par la collégiale, les tapisseries, et surtout la chapelle de l’Enfant-Roi, la chapelle Saint-Etienne aussi: « Il y a trente ans que je connais cet endroit atypique. Quand je l’ai découvert, c’était encore un garage ».

Arrière-cours et jardins secrets 

Un peu plus loin viendra la place au Beurre, et cette étonnante cour des années 50, « dans son jus! C’est ça la force de Beaune. Son centre-ville dans lequel, on fait des découvertes étonnantes, des hôtels particuliers, des jardins, des passages presque secrets, des cours. Souvent le temps s’arrête! » Et puis la visite continue par la rue Paradis… « Quand on a le temps, je vais jusqu’à l’hôtel de l’abbaye de Maizières. Si vous voulez vous organiser un week-end romantique à Beaune, c’est là qu’il faut s’arrêter. »

Viendront ensuite l’arrière-cour des Hospices « où on peut expliquer la vraie histoire de la ville. Les remparts aussi. J’en fais toujours un petit bout. Et puis que dire des boutiques de luxe du centre, incroyables, de l’Athénéum, un lieu unique, de l’ancienne banque de France aussi dont la cour a été libérée de ses voitures ». Deux heures ne seront sans doute pas suffisantes pour marcher dans les pas de Pascal. Beaune se découvre alors sous des détours inattendus, en même temps que l’histoire de la cité vous tend la main. Captivant!

* Découvrez tous les greeters (habitants accueillant bénévolement des touristes) du Pays beaunois, de Dijon et de la Côte de Nuits (une petite trentaine au total), et planifiez directement une rencontre avec l’un d’eux sur www.bourgogne-greeters.fr 

Virée dans les Cortons

Le rendez-vous est fixé sur le parking de La Poste de Ladoix-Serrigny. Pratique, facile à repérer aussi! Et puis, c’est à deux pas de là que réside Pascal. Son autre coup de cœur, c’est une petite virée au cœur des cortons: « J’aime beaucoup cette boucle qui relie les villages d’Aloxe-Corton, Ladoix-Serrigny et Pernand-Vergelesses. On découvre les villages de la côte, leur charme, on croise des vignerons, des tonneliers, des fabricants de bouteilles aussi. On comprend pourquoi la vigne est si importante ici. La vigne justement, on s’arrête devant cette étonnante cabotte sur les cortons-charlemagnes, imbriquée dans le mur. On monte aussi jusqu’à la Vierge à Pernand-Vergelesses. Le point de vue y est fabuleux. De là on domine le vignoble, et surtout on comprend ici toute la complexité des climats. On surplombe les parcelles, on les voit évoluer, on explique les grands crus, les premiers crus, etc. Même si j’ai un petit faible pour l’automne, l’idéal, c’est de faire cette balade plusieurs fois dans l’année, pour comprendre les quatre saisons du vigneron, pour comprendre que la vigne fleurit, qu’elle vit, que les hommes sont en permanence à son chevet. »

Comptez 1 h 30 voire 2 heures à pied pour faire le tour. Les plus réticents à marcher prendront aisément la voiture. 

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