Berthelon, menuisiers bien ordonnés

Respectable TPE créée en 1984, la Menuiserie Berthelon a été reprise il y a quelques mois par François Noël, lequel a confié la direction opérationnelle à Arnaud Caltagirone. Complémentaire et bien ordonnée, cette direction bicéphale annonce de belles perspectives à l’entreprise dijonnaise qui, pièce après pièce, consolide son avenir.

François Noël a repris cette activité de menuiserie et en a confié la gestion quotidienne a Arnaud Caltagirone.

Par Alexis Cappellaro
Pour Dijon-Beaune Mag #70
Photos : Christophe Remondière

Ses fondations sont solides. Entre 2002 et 2016, François Noël a connu une première vie chez Doras, dont une bonne partie en tant que président du directoire. Il y a créé notamment l’enseigne à succès Ménéo, avant de fermer la porte et de reprendre, le 1er février dernier, la Menuiserie Berthelon.
L’entreprise située à Longvic porte le nom de son fondateur, Alain, qui l’a transmise une première fois il y a quelques années. François Noël signe ainsi l’acte 2 d’une histoire longue de bientôt 35 ans, qui a toutes les raisons d’être reprise en douceur : un savoir-faire reconnu sur la place, un chiffre d’affaires de 750 000 euros, une équipe qualifiée de trois poseurs, d’un commercial et d’une secrétaire… « Le signe d’un potentiel encore à exploiter », aussi.

Garde-fou

L’entrepreneur dijonnais a fait d’Arnaud Caltagirone son homme de base, préférant officier en tant que garde-fou. Son champ d’expertise est large mais s’applique en premier lieu à la stratégie financière et la comptabilité, son métier premier. Et le nerf de la guerre !
Cette hauteur de vue est le nécessaire point d’équilibre d’une TPE gérée au quotidien par Arnaud, 28 ans, qui a lui aussi connu « l’école » Doras. « J’y ai tout appris. Je suis arrivé sans véritable bagage en tant que commercial détaché, puis j’ai monté les échelons », plaide le jeune dirigeant dont la nomination n’a en réalité rien d’un pari. François Noël se rappelle que plus jeune, après une embauche malgré un CV bien moins étoffé que ceux de cadres expérimentés, un recruteur lui avait lancé : « La valeur n’attend pas le nombre des années. » Il en fait de même avec son binôme et le résume à sa manière, avec un trait d’humour : « C’est lui la star, pas moi ! »
Dans l’ordre des choses, le duo s’affaire donc à donner un nouvel élan à l’entreprise. Dans un environnement concurrentiel (« Il y a du monde au portillon ! »), la Menuiserie Berthelon doit beaucoup de sa valeur ajoutée à La Boutique du Menuisier, un réseau qu’elle a rejoint en 2015 lui permettant de rester indépendante sur la forme et de profiter de menuiseries extérieures (fenêtres, porte d’entrées, etc.) made in France à des tarifs avantageux – « et donc de pouvoir assumer des volumes plus importants ». Cette appartenance est d’ailleurs astucieusement réinvestie. Elle donnera bientôt naissance à une refonte graphique des plus efficaces, « car l’image fait aussi partie de notre argumentaire ».

Le bon sens comme meilleure arme

Ces petits efforts, assemblés, remettent de l’ordre. Car un repreneur hérite aussi du passif aléatoire de son prédécesseur, comme le glisse sans volonté d’accabler François Noël. Il faut donc mettre de l’huile dans les rouages, en toute sérénité, car la « meilleure arme de l’entrepreneur reste son bon sens ». Et capitaliser sur un savoir-faire éprouvé, en passant « d’une approche produits à une approche plus centrée sur l’humain et l’artisanat ». Ce qui ne fait pas de mal, comme l’illustrent les deux dirigeants depuis l’atelier attenant aux bureaux. Cette configuration et « la maîtrise parfaite de nos produits et nos outils » permettent une souplesse dans la rénovation comme la repose, « avec un suivi effectif de nos prestations, ce qui établit très vite une relation de confiance avec le client », détaille tout de go Arnaud Caltagirone.
La Menuiserie Berthelon assume diverses réalisations, allant des plus simples telles qu’une banque d’accueil ou un dressing, aux plus complexes comme un placard sous combles sur-mesure. Par sa structure, l’entreprise travaille la plupart du temps en environnement habité, chez les particuliers (en rénovation notamment), dans un rayon d’1 h 30. Mais elle « ne s’interdit pas de toucher au neuf », question d’opportunités.

Pas que le bois…

Alors que la construction neuve fait feu de tout bois en France, François Noël estime que ce pic a une influence résiduelle dans son activité. Il imagine assez mal, en 2040 ou même avant, que la France soit prête à sortir totalement de « l’image du dur, du béton sinon rien ». La Menuiserie Berthelon est d’ailleurs en réalité moins concernée par le bois que par la menuiserie PVC et alu, ceci expliquant cela.
François Noël ouvre par ailleurs la porte à un déménagement, pour sortir d’une impasse (au sens propre du terme) et investir pourquoi pas la zone d’activités de Chenôve. « Être visible » est un chantier non négligeable pour celui qui préside aussi la 2e chambre du Tribunal de commerce de Dijon. Il appréhende cette autre casquette sans autre objectif que « juger, en toute humilité et sur la base d’un traitement équitable, pour faire appliquer le droit et la loi, la finalité étant le maintien de l’activité et de l’emploi ». Sans faux-semblant, il commence d’abord par appliquer ces sages préceptes à sa propre entreprise. Charité bien ordonnée…

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