Dijon Céréales a annoncé cette semaine la fermeture de son unité de production d’oignons déshydratés à Villers-les-Pots, avec le licenciement économique de 32 employés. Cette information apporte un éclairage inquiétant sur le sort d’un pan traditionnel de l’agriculture côte-d’orienne.

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Le marché de l’oignon déshydraté est mondial, l’Inde, l’Egypte, le Pakistan et la Chine s’y imposent grâce au prix de leur main d’œuvre. Un contexte instable et des normes environnementales pèsent lourdement sur le coût du process industriel. Tels sont les éléments qui ont eu raison de l’acivité industrielle de STL, filiale de Dijon Céréales à Villers-les-Pots.

Au-delà du drame humain que cette information suppose (« 40% au moins des 32 salariés de l’entreprise bénéficieront de solutions de reclassement » assure la direction de Dijon Céréales), c’est une filière traditionnelle agricole aux confins de la Bourgogne, la Franche-Comté et la Marne qui est fragilisée. Le Val de Saône et la plaine dijonnaise notamment, où une vingtaine de producteurs sont implantés.

STL traitait chaque année 3000 tonnes d’oignons déshydraté ces dernières années. Des solutions de sous-traitance ont été trouvées dans l’urgence pour ne pas bloquer l’ensemble de la chaine. Plus largement, on estime en effet que ce légume occupe en France un millier d’hectares pour 60000 tonnes de production. La Côte-d’Or compte parmi les principaux départements producteurs.

Sur le terrain patrimonial, l’impact de la plante potagère n’est pas neutre. Auxonne, qui peut déjà s’appuyer sur Bonaparte pour asseoir sa notoriété, héberge aussi une confrérie de l’oignon qui, depuis 1990, s’aatche à promouvoir « les grandes traditions de l’oignon dans l’art culinaire et autre. » L’oignon est donc bien plus qu’un légume parmi d’autres qui fait pleurer, il est un élément de l’histoire locale.

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© photos DR

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