Dans un environnement où tout est délicat, Cerclecom nourrit de nouveaux projets très intéressants. « C’est le moment où jamais », estime son président Arthur Deballon, qui sent venir le vent du renouveau pour les pros de la com en région. Et il va souffler fort !

Arthur Deballon lors de l’apéro de rentrée du Cerclecom, au Singe en Hiver à Dijon.
© Grégory Girard / Sensation Web

« Le projet aurait dû accoucher un peu plus tôt, on sort tout juste le cul des ronces… » Dans son style cash et concerné, Arthur Deballon pose les bases de Cerclecom nouvelle génération. Le président de l’association des communicants de Bourgogne-Franche-Comté veut saisir le taureau par les cornes. D’abord en faisant le bilan de cette année folle. Cela commence par assumer le paradoxe que, tout pros de la com qu’ils sont, Cerclecom n’arrive pas toujours à se déployer comme il l’aimerait. Le contexte, encore et toujours lui, n’a rien d’une bénédiction. Tout est donc une question de priorités et d’énergie disponible, bien sûr, alors que chacun essaye de sauver sa boutique. « Il faut assurer au quotidien et évoluer dans le secteur qui souffre le plus, avec l’événementiel et la restauration. Nous avons élu un conseil d’administration en février 2020, avec trois nouveaux membres sur neuf, et avons pu nous réunir une seule fois en présentiel. » Effectivement, la marge de progression est là. 

2021 est l’année de la remise en question. Arthur et les siens se sont triturés les méninges pour honorer au mieux « le contrat moral qui nous lie aux adhérents ». Avec une question simple : quelle promesse, pour quel ticket d’entrée ? « 150 euros de cotisation (ndlr, 60 pour les étudiants), pour un pro à son compte, nous le savons bien, ce n’est pas rien. Nous avons quand même pu passer entre les gouttes des confinements avec une sortie au Centre national du graphisme à Chaumont et un apéro de rentrée au Singe en Hiver à Dijon », note le président, qui mise aussi sur les Directs du Cerclecom, ces visios convivaux (kit apéritif fourni par un commerçant partenaire !) destinés aux adhérents, avec un invité à chaque fois.

Dernier en date, le 27 janvier, Jean-Philippe Girard. Le PDG d’Eurogerm a causé management des équipes et communication interne, alors qu’il vient de soigner sa sortie en confiant le destin de l’entreprise cotée en bourse à ses cadres. « Passionnant. Il a rappelé avec son vécu des évidences tellement nécessaires, comme celle de donner en permanence un cap à ses équipes et à soi-même. » Le Dijonnais François Durand, directeur marketing et digital de Konbini passé par l’école de commerce locale (25 février), ainsi qu’Arnaud Montebourg, devraient suivre.

Ki&Ki, nouvelle appli

Surtout, l’équipe administratrice de Cerclecom s’installe « avec des compétences internes qui nous permettent de fournir plus de contenu régulier ». Le premier signe visible est cette nouvelle newsletter, habile et bien nourrie, qui préfigure une refonte importante du site. Au bout de la logique, une application verra le jour : légère, Ki&Ki contiendra toutes les fiches adhérents à jour, donnera accès aux événements live, intégrera la newsletter… « Elle sera vraiment axée sur l’expérience adhérent, pour faire corps et activer des réflexes d’entraide et de business entre nous tous. » 

C’est effectivement le moment de relever la tête du guidon. À ce sujet, Cerclecom vient de lancer une grande enquête interne, un « baromètre d’impact du Covid » pour mieux apprécier la situation de chacun. Très utile quand on tend les bras aussi bien à une directrice marketing d’un groupe de 500 personnes qu’à un graphiste en freelance. « Cela restera anonyme, dans le respect de la condition de chacun, y compris les cas les plus extrêmes où certains ont dû changer de métier pour laisser passer l’orage », prend soin de préciser Arthur, lui-même bien au fait de la délicatesse de son environnement en tant que dirigeant d’AVS Communication.

Création de poste

Cerclecom a tout de même réussi l’exploit – « c’est l’indicateur d’une association bien gérée collectivement » – de conserver un petit trésor de guerre. Avec ses réserves, l’association va créer un poste de chargé(e) de relations adhérents, « pour mette de l’huile dans les rouages, à hauteur de 300 à 400 h par an », estime son représentant. Avis aux candidat(e)s : l’équipe ne mord pas et il y a toujours de quoi faire au nom de l’intérêt commun. 

Viendront aussi, en avril, les fameux Trophées. Là encore, il faudra s’adapter. « Par la force des choses, la place du digital parmi les lauréats sera importante. Mais c’est un rebond du métier que je trouve intéressant. Dans la région, les prestataires ont signé de belles réalisations, les donneurs d’ordres ont eu de bonnes idées », analyse Arthur, conscient aussi qu’il est temps de récompenser, d’une manière ou d’une autre, ce qu’on appelle partout la résilience. Alors que son mandat se termine en janvier 2022, le président de Cerclecom sent que le vent des changements arrive. « Je ne me sens pas particulièrement investi d’une mission divine, tempère-t-il. Mais c’est le moment ou jamais de franchir un cap. » Le message est passé.   

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