Chili, une bourguignonne présidente

©Ricardo Stuckert. (Agencia Brasil)

©Ricardo Stuckert. (Agencia Brasil)

Pour la deuxième fois, à l’issue d’un duel cent pour cent féminin, la présidente du huitième pays producteur mondial de vins sera sans doute une bourguignonne. Michelle Bachelet est la descendante directe d’une famille viticole de Chassagne-Montrachet.

Le 15 décembre prochain, au soir du second tour des élections nationales, Michelle Bachelet devrait retrouver son fauteuil de présidente de la république du Chili. En 2006 déjà, ce médecin de formation était devenue la première femme élue à la tête d’un pays sud-américain. Mais en 2010, au terme de son premier mandat, elle n’avait pas pu postuler pour un second bail consécutif, règles constitutionnelles chiliennes obligent.

Arrivée en tête du premier tour, dimanche dernier, avec plus de 46% des voix, loin devant sa rivale conservatrice Evelyn Matthei, l’ex présidente socialiste, 62 ans, qui ces trois dernières années présidait l’ONU Femmes, devrait se retrouver à la tête du Chili dans un peu moins d’un mois. Un nouveau défi et un destin hors du commun, forgé il y a plus d’un siècle et demi, dans un pied de vigne en Bourgogne.

Bachelet en son domaine

C’est en mai 2009, lors d’une visite officielle en France que l’on découvre les liens de sang qui unissent Michelle Bachelet à Chassagne-Montrachet, au cœur de la côte viticole. Ce jour-là, les rues sont bondées, l’émotion est vive et Michelle croise notamment la route de Jean-Claude Bachelet, un viticulteur bourguignon en retraite, tout bonnement un « cousin français ». En 1869, son arrière-arrière grand-père Louis-Joseph Bachelet, œnologue de son état, quittait Chassagne avec, dans ses valises, un savoir-faire bien bourguignon et quelques cépages de chez nous.

©Cyril Villemin

©Cyril Villemin

A cette époque, la colonisation espagnole a déjà apporté la vigne au Chili, mais les chiliens se mettent à cultiver les cépages français, dont certains viennent du bordelais, d’autres de Bourgogne. En France, le phylloxera a fait des ravages, et comme Louis-Joseph Bachelet, ils ont été nombreux les vignerons à tenter l’aventure du Nouveau Monde, avec quelques plants sous le bras. Aujourd’hui encore, les investisseurs tricolores sont très présents dans les vins chiliens. Michelle Bachelet parle couramment le français d’ailleurs. Et celle que le magazine Forbes considère régulièrement comme l’une des 20 femmes les plus puissantes du monde, devrait donc, le 15 décembre, à nouveau s’asseoir dans le fauteuil de président du huitième pays producteur de vins dans le monde, la République du Chili.

De là à dire que les vins de Bourgogne mènent à tout…

One thought on “Chili, une bourguignonne présidente

  1. charlotte durand
    13/12/2013 à 18:52

    michelle bachelet ne parle pas couramment francais………………….

Laisser un commentaire