Ce week-end, près de 20000 personnes ont profité de l’ouverture de la Cité de la Gastronomie. C’est oublier un peu vite qu’avant cela, il y a eu les travaux. Retour sur un événement symbolique de la semaine inaugurale, le gigot-bitume d’Eiffage.

Parmi les nombreux événements qui ont émaillé la semaine inaugurale de la Cité Internationale de la Gastronomie et des Vins, il en est un dont le parfum n’est pas passé inaperçu : le gigot bitume. Selon une tradition bien établie qui remonte aux premiers chapitres de la construction moderne, il célèbre la fin du gros œuvre. Pour réussir cette drôle de recette, il faut donc un chantier, une chaudière remplie de goudron et un gigot (ou saucisson). Ce dernier est emballé dans un gros papier kraft, plombé par une pierre puis noyé dans un bouillon goudronneux pour une cuisson lente. Deux heures en principe.

Les spécialistes disent qu’il faut en moyenne un gigot pour dix convives. Mardi dernier, dans ce qui sera le futur Hôtel Sainte-Anne de la Cité, Eiffage avait convié ses prestataires et le who’s who politique de la métropole à partager ce moment privilégié. A la manœuvre, le traiteur spécialisé s’il en est un… il se nomme « gigot bitume », tout simplement.

Avant de passer à table, François Rebsamen a tenu à discuter le bout de gras avec ses hôtes. Sans en faire des tonnes, dans un bon esprit de camaraderie qui colle à l’instant, le maire de Dijon a rappelé combien le chemin parcouru pour en arriver jusque-là, a été semé d’embûches. « Mais ce fut globalement un bonheur de travailler avec vous » a finalement conclu le maire de Dijon, s’adressant Jacques Delaine, le patron d’Eiffage pour le grand est. Rassuré, tout le monde a alors trinqué à la bonne santé de la cité tant promise.

Ficelé bien au chaud au fond de son magma bouillant, le gigot finit par être retiré de son bain avec grand soin et prudence. L’opération n’est pas sans risque de brûlure. Les odeurs de pétrole, prégnantes, ne s’expriment qu’à l’extérieur du gigot-bitume. C’est en soi étonnant. Une pointe de sel aidant, la viande est même bien cuite et goûteuse. En matière de cuisine comme dans le domaine de la construction, il ne faut donc pas se fier aux apparences. Car en France on a non seulement des idées et du goût, mais on a aussi un peu de pétrole pour se régaler.

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