Dijon Beaune Mag

Sa voix est indissociable du Tour de France qu’il a accompagné chaque année jusqu’en 2014. Sa connaissance du cyclisme impressionne toujours autant. Daniel Mangeas sera à Dijon, ce jeudi soir, pour animer le Critérium d’Après Tour. Depuis plus de 30 ans, le SCO Dijon investit les allées du Parc quelques jours après l’arrivée de la Grande Boucle à Paris. Des coureurs professionnels viennent rencontrer le public et participer à une course avec les meilleurs amateurs régionaux, pour le plaisir. Cette année, Nans Peters (AG2R Citroën), Julien Bernard (Lidl Trek et Aurélien Paret-Peintre (AG2R Citroën) seront présents.
Pendant longtemps, il y avait de nombreux critériums l’été en France. Beaucoup ont malheureusement disparu. Celui de Dijon est un résistant. Avant de prendre le micro jeudi, Daniel Mangeas nous a accordé un entretien.
J’ai bien aimé l’attitude des coureurs français sur ce Tour 2023. Ils n’ont pas été récompensés de leurs efforts, mais ils ont été vaillants. Avec une mention particulière au jeune Mathieu Burgaudeau (TotalEnergies) qui aura été pour moi l’une des révélations cette année.
Antoine Blondin disait : « Le Tour met la France sur le trottoir ». Le PDG y côtoie son employé, le gamin y va avec son grand-père. Tout gamin, j’ai connu les Tours de France par équipes nationales et régionales. Il y avait moins d’étrangers sur les routes du tour, mais le public était tout aussi nombreux. Aujourd’hui, on parle toutes les langues sur le Tour. C’est magnifique.
À l’époque de Poulidor et Anquetil, il y avait 60 à 70 critériums en France. Ils s’étalaient sur plus d’un mois après la Grande Boucle, parfois même au rythme de deux par jour ! Aujourd’hui, il ne reste que quelques rescapés, dont Dijon. Bravo aux organisateurs de tout faire pour maintenir ce patrimoine. Sur un critérium, le coureur est libre, il n’a pas d’enjeu de résultats, il va à la rencontre de son public. C’est un trait d’union essentiel, de mon point de vue. On dit que c’est le tour qui fait les champions, mais le public fait la popularité du champion. Et cette popularité, les critériums y contribuent grandement.
Le salaire des coureurs a énormément évolué. À l’époque de Poulidor, et même du temps de Fignon et Hinault, les critériums assuraient aux coureurs près de 70% de leurs salaires. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas. Le cyclisme s’est mondialisé. Les équipes participent à des épreuves sur tous les continents. Il y a 30 ans, après le Tour, il n’y avait qu’une épreuve officielle : le Tour du Limousin (juste avant les championnats du monde). Maintenant, dès le week-end qui suit le Tour, il y a le Grand Prix de San Sebastian et le Tour d’Allemagne. Résultat de ces deux constats : les critériums ont perdu de leur attrait. Et ceux qui ont réussi à se maintenir n’ont presque aucune chance d’attirer un maillot jaune.
Je me rappelle avoir vu ici Greg Lemond, Bernard Thévenet et bien d’autres. C’est l’un des critériums clés avec un parcours idéal. Tout se déroule sous le regard du public, et cette ambiance bien bourguignonne, le ban pour le vainqueur… C’est un exploit que réalisent les organisateurs de continuer à faire vivre l’évènement. Chapeau aux bénévoles. C’est un critérium dans lequel j’aime venir. J’y retrouve des amis. C’est immuable : le jeudi qui suit l’arrivée du Tour, on est à Dijon !
Le programme du Critérium d’après Tour de Dijon – 27 juillet 2023
