Cyclos cardiaques, le vélo au corps et à cœur

L’année du vélo en Côte-d’Or touche toutes sortes de populations, pourvu qu’elles soient amoureuses de la petite reine. C’est le cas de ces cyclos cardiaques qui ont pris à à cœur leur remise en selle à travers une amicale qui leur est toute dédiée. Le Bourguignon Bernard Thévenet, touché par un infarctus en 2013, a rejoint lui-même la délégation régionale.

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Par Michel Giraud
En partenariat avec Côte-d’Or tourisme

Comment se relever après un accident cardiaque? Comment continuer à vivre normalement? Ces sempiternelles questions tournent en boucle dans la tête des victimes d’infarctus. Avec une angoisse sans doute encore plus franche chez les sportifs.

« Comment se reconstruire » résume ainsi Pierre Lescure. Cheville ouvrière du Sprinter Club Olympique de Dijon, il a subi lui-même un pontage en 2005: « J’avais couru sur la route pendant dix ans. Du jour au lendemain, je me suis retrouvé à terre. Lorsque ma rééducation a été terminée, j’ai voulu me remettre en selle, rouler comme avant. Mais tout m’angoissait, je scrutais la moindre augmentation anormale de mes pulsations. »

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En 2006, Pierre adhère à l’Amicale des Cyclos Cardiaques. Il en est aujourd’hui le représentant en Bourgogne: « Trois Parisiens ont eu cette idée en 1995: rassembler les personnes qui ont eu une panne de cœur, les aider à vaincre leurs doutes, leurs peurs. Après mon accident, j’ai rapidement compris qu’il y avait un avant et qu’il y aurait un après. Mais attention, ça ne veut pas dire pour autant qu’il faut tirer un trait sur le vélo. Au contraire. Nous sommes là pour faire de la prévention, en même temps que la valorisation d’une pratique plus raisonnable. Certaines victimes d’accidents cardiaques ne veulent pas admettre la réalité. Elles pensent qu’une fois la rééducation menée à son terme, tout est rentré dans l’ordre. Je ne suis pas malade me disent-elles! A nous de faire de la prévention.' »

L’Amicale compte seulement une quinzaine de membres en Bourgogne. Elle aspire aujourd’hui à se faire mieux connaître. Victime d’un infarctus en 2013, Bernard Thévenet a rejoint la délégation régionale, « par amitié », enchaîne Pierre Lescure, car aujourd’hui, notre rôle est d’informer, inciter les personnes concernées à parler de leur pratique avec leur cardiologue, leur faire comprendre qu’elles peuvent continuer de rouler, en prenant des précautions. »

Il faut par exemple se munir d’un capteur de fréquence cardiaque, pour respecter un volant de pulsations cardiaques à ne pas dépasser. « Et aussi faire comprendre qu’il n’y a pas de honte à mettre pied à terre quand on sent une limite, avant de repartir. Nous nous retrouvons régulièrement pour des sorties à notre mesure. Notre rôle est d’animer et soutenir nos adhérents. A plusieurs on s’entraide. On est plus forts! »

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