Puligny-Montrachet: dans les yeux d’Olivier Leflaive

L’ex saltimbanque Olivier Leflaive a inventé loenotourisme et la table dhôtes vigneronne à Puligny-Montrachet. Des années plus tard, il y ajoute une touche gastronomique. Et nous dit pourquoi, les yeux dans les yeux.

Par Dominique Bruillot pour Bourgogne Magazine
Photo : Jean-Luc Petit

Olivier Leflaive

L’enfant de Puligny-Montrachet a du sang de la vigne dans les veines et un indiscutable tempérament de saltimbanque-entrepreneur en lui. Un arrière grand-père tonnelier-fermier-viticulteur, un grand-père technicien metteur au point du premier sous-marin français, puis un père renouant avec les valeurs viticoles bourguignonnes achèvent de poser les bases d’une personnalité grand cru, aux arômes exotiques (c’est aussi un grand voyageur), dotée d’une structure complexe. « Je voulais être chanteur et compositeur », déclare l’intéressé, qui a brûlé les planches de sa jeunesse en jouant le rôle d’impressario et de directeur de salle de spectacle à Paris avant de revenir au pays.

Le paternel étant malade, il se décide donc, en 1981, à reprendre l’exploitation. « Je me suis vite emmerdé », poursuit Olivier qui, très vite, se lance dans une affaire de négoce avec une ambition aussi claire qu’un chardonnay bien minéral: réunir tous les blancs de la Côte de Beaune dans sa proposition. Soit 85 appellations (dont une quinzaine de rouges quand même) qui portent sa signature, 800000 bouteilles de belle qualité et la reconstruction d’une nouvelle propriété de 18,5 hectares. Père fondateur de l’oenotourisme à la bourguignonne, inventeur de la première table d’hôtes régionale, son complexe touristique propose des chambres de haut niveau.

Aujourd’hui, Olivier Leflaive pousse toujours volontiers la chansonnette avec sa guitare et des oeuvres de son cru. Il a délégué la gestion de son petit empire (42 employés) à ses proches: son ex-gendre Jean pour la direction générale, sa fille Julie (elle-même actrice) pour la partie hôtelière, tout en veillant aux comptes car, on ne se refait pas, ce gestionnaire satimbanque est aussi un fan de comptabilité!

Il s’appuie désormais sur les talents de son jeune chef Lionel Freitas (un ancien de Lameloise) pour proposer une cuisine basée sur le produit, simple et accessible aux gourmets locaux autant qu’aux touristes, avec des vins à saisir au prix départ cave. Les yeux dans les yeux, le septuagénaire Olivier Leflaive l’assume: la vie ne vaut d’être vécue que si l’on sait se remettre en question. Ceci expliquant sans doute cela.

* Olivier Leflaive, 10, Place du monument, 21190 Puligny-Montrachet, 03.80.21.37.65
maison@olivier- leflaive.com – Ouvert du lundi au samedi de février à fin décembre.

3 thoughts on “Puligny-Montrachet: dans les yeux d’Olivier Leflaive

  1. ANNE karine LEFLAIVE
    10/09/2016 à 13:11

    Bonjour Monsieur Bruillot,
    merci pour votre article. Je suis la nièce d’olivier leflaive, karine leflaive. Il vous manque une info semble t il !! dans l’ombre il y a son frère, Patrick leflaive qui est mon père !! il est tous les jours au bureau à Puligny ou à l’hôtel, il fait visiter les vignes; la cave, voyage….
    Allez donc le rencontrer, il vous offrira surement un verre de ma part !!!
    bonne contiunation

  2. brun
    04/08/2016 à 13:22

    il est gonflé de dire qu’il est l’inventeur de l’oenotourisme – il est l’inventeur de rien du tout – quand il a commencé il y avait belle lurette que les vignerons du beaujolais pratiquait cette activité sans savoir que c’était de l’oenotourisme – de la même façon qu’ils faisaient du martketing et du packaging sans savoir qu’ils faisaient ces deux machins

    1. Dominique Bruillot
      04/08/2016 à 18:41

      Pas totalement faux Michel. Mais ce statut de « fondateur de l’œnotourisme » est donné par l’auteur d l’article (votre serviteur), et contenu dans le territoire des Côtes de Beaune. Après, l’œnotourisme est lui-même un mot « machin » (j’aime bien votre expression) pour désigner des actions qui existaient plus ou moins sous différentes formes avant. C’est un peu comme on donne aujourd’hui un nom à des maladies qui, jadis n’en n’avaient pas (« Il ou elle a perdu la tête… »). Certaines sont même devenues des causes nationales. Le plus important n’est-il pas de bien faire et tout faire pour nos territoires?

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