Jacky Rigaux, ses drôles de dames et le nuits des hospices

En amont de la Vente des Hospices, dijonbeaune.fr et Femmes en Bourgogne ont invité trois dégustatrices pour juger trois climats de nuits-saint-georges des hospices. Une expérience agrémentée par la cuisine du chef Alexis Billoux (Pré-aux-Clercs à Dijon) et placée sous la conduite de l’ancien prof de ces dames, Jacky Rigaux. Unanimité à propos des vins des hospices.

Par Dominique Bruillot et Jacky Rigaux
Photos: Christophe Remondière

degustation Jacky Rigaux Hospices de Nuits

Stéphanie Beyne, 39 ans, a fait le choix de se reconvertir dans le commerce international du vin. Virginie Fleury, 40 ans, sommelière de formation, anime avec passion son bar à vins de l’Hôtel Arts et terroirs à Gevrey-Chambertin. Sandrine Lanaud, 55 ans, caviste et professionnelle reconnue du tourisme est une adepte de l’initiation géo-sensorielle chère à notre expert Jacky Rigaux. Toutes trois ont en fait en commun d’avoir été les élèves de ce dernier. Elles ont donc répondu à son invitation et à celle du magazine Femmes en Bourgogne pour une petite séance de dégustation originale.

Au programme, trois climats 2010 de nuits des hospices: Aux Vignesrondes, Saint-Georges et Les Didiers. Puis une mini verticale de ce dernier décliné en 3 millésimes: 2010, 2009 et 2005. Aux Vignerondes, « le plus souple, le plus moelleux » nous dit Sandrine, même s’il demeure « le moins impressionnant » ajoutera Virginie. Le Saint-Georges, promis à un avenir de grand cru, va évidemment dénoter par sa « consistance aromatique parfaite » selon Sandrine, sa « remarquable finesse » selon Stéphanie, et son « inégalable finesse » conclut Virginie avec un définitif: « Y’a pas photo! »

Pour la mini verticale des Didiers, le 2009 a pris le dessus, grâce à sa texture, son équilibre et son acidité. C’est le coup de cœur de Stéphanie. Mais toutes reconnaissent qu’il faudra attendre l’évolution du 2005 pour asseoir définitivement son jugement.

Un lieu sobrement préparé par le chef Alexis Billoux avec son consommé de légumes de saison a fait le lien pour la suite des débats. En attendant, rendons à César ce qui est à César et donnons la parole à Jacky Rigaux qui, en termes simples, va nous rappeler ce que sont en fait ces trois jolis climats des hospices de Nuits-Saint-Georges.

L’avis de Jacky

« Riche d’une douzaine d’hectares de vignes sises essentiellement sur le finage de Nuits, le domaine des Hospices de Beaune possède en particulier côté sud, un climat en monopole, Les Didiers et une belle parcelle du plus prestigieux de climats bourguignons, Les Saint-Georges, ainsi qu’une autre au nord, côté Vosne-Romanée, Aux Vignerondes. Ce beau domaine historique, dont l’aventure démarre dès le XIIIème siècle, fait ainsi chanter l’exceptionnelle diversité du terroir nuiton, cœur de la célèbrissime Côte de Nuits.

Les Saint-Georges affichent un tempérament de grand cru, avec une consistance remarquable, une texture de velours, une puissance maîtrisée qui laisse l’élégance aristocratique s’imposer. La persistance aromatique est d’une rare finesse.

Les Didiers qui prolongent Les Saint-Georges impressionnent par leur chair musclée, leur structure magistrale, leur vivacité alerte qui sculpte et assouplit cette vigueur naturelle. Quand les années l’ont domptée le vin délivre son magnifique potentiel avec une exquise finesse.

Aux Vignerondes entrent en bouche avec souplesse et donnent cette étonnante sensation de consistance flexible. Pas de démonstration de puissance, mais une texture qui se donne dès la jeunesse du vin. Un beau potentiel de garde cependant, car jolis tanins, belle vivacité et grande viscosité sont bien là, et pour longtemps. »

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