Il n’y aura pas de quinzième édition du Dijon Vélotour le 30 août 2020, comme le déplore son directeur Bastien de Marcillac. Une décision préfectorale a logiquement mis des bâtons dans les roues de cette grande fête du vélo en ville. Rendez-vous en 2021 ! 

Propos recueillis par Alexis Cappellaro

Comprenez-vous cette décision préfectorale, survenue la semaine dernière ?
Bastien de Marcillac : D’abord, je n’ai pas mon mot à dire. Le gouvernement avait annoncé aucun rassemblement important jusqu’au 31 août, ce qui laissait déjà peu de doute. Et à un moment, il faut savoir prendre une décision, le plus tôt étant le mieux pour ce genre d’événement.

Pourquoi ne pas reprogrammer quelques mois plus tard ?
Tout simplement car nos événements d’avril, mai et juin ont été déplacés en octobre. Avec sept circuits en France encore à l’ordre du jour, nous avons un événement prévu tous les week-ends et il nous est impossible d’en organiser deux aux mêmes dates.

Un Vélotour un 30 août, dans ce contexte, aurait sans doute été un peu bizarre…
Un événement, c’est un lien social, de la joie, du contact. En tant que participant, je ne conçois pas vraiment un concert sans pouvoir partager une bière avec des amis, par exemple. Un Vélotour avec distanciation physique, pas de ravitaillement, des masques sur le visage, c’est sûr que ce n’est pas vraiment l’idéal. Tout cela peut éventuellement dégrader l’image de ton événement auprès d’un public qui peut garder cette sorte de traumatisme les années d’après. Tout comme je conçois que les événements continuent d’exister dans ce contexte, faute de mieux.

 

« On peut travailler à une stratégie de remboursement. Sur ce point, nous avons encore du travail. Même si rien n’est décidé pour l’instant, je trouve que la formule permettant de conserver sa place pour 2021 est une bonne chose. »

 

Vous aviez fait le plein à Dijon cette année ?
Nous avions fait le choix qualitatif de baisser la jauge à 5000 personnes pour tous nos Vélotour. Dijon en comptait plus de 1500, sachant que les inscriptions tombent beaucoup au mois d’août et que depuis la première semaine de mars, personne n’arrivait à se projeter. Il y avait donc fatalement peu de mouvement…

Votre modèle économique a-t-il pris un coup dans la roue ?
Nous avons la chance d’organiser neuf événements. Avec le Vélotour Paris prévu le 7 juin, reporté au 12 juillet et finalement annulé il y a un mois, Dijon sera l’autre victime de cette crise. Le fait de l’annuler quelques mois avant permet plus de sérénité et de visibilité. On peut travailler à une stratégie de remboursement. Sur ce point, nous avons encore du travail. Même si rien n’est décidé pour l’instant, je trouve que la formule permettant de conserver sa place pour 2021 est une bonne chose. C’est une façon pour nous de garder une proximité avec nos habitués, pour les participants de témoigner de leur fidélité à l’événement, même si je comprends très bien les gens voulant être remboursés. On espère aussi être assurés, je n’ai pas un retour formel mais j’espère l’avoir dans la semaine.

Rendez-vous en 2021, donc.
Oui, sans doute en maintenant le parcours de cette année autour de l’est dijonnais. Le CREPS Bourgogne-Franche-Comté était au programme tout comme l’ancienne fortificiation de La Redoute de Saint-Apollinaire, bien appréciée il y a quelques années. Le vent est avec nous : le vélo et la question de la mobilité sont au cœur de la société. Je n’ai pas de doute sur le fait que la vie d’avant va reprendre, peut-être pas pour tout de suite, mais nous voulons être positifs.

 


VÉLOTOUR en chiffres

  • Plus de 320 000 participants cumulés depuis la création de l’événement en 2006 à Dijon pour découvrir la ville et ses lieux parfois insolites à vélo.
  • En 2019, plus de 51 000 participants dans 9 villes en France (chronologiquement : Dijon, Orléans, Marseille, Le Havre, Paris, Bordeaux, Valenciennes, Tours, Occitanie).
  • Plus de 650 sites différents visités à vélo les années précédentes !

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