Dole entre Chat perché et chat gourmand ce week-end

Dole se prépare à vivre du 23 au 25 septembre un grand week-end gourmand sous l’égide du Chat perché, figure emblématique doloise qui guide habituellement le parcours de découverte du patrimoine historique de la ville. Initiateur de l’événement, Patrick Franchini, le chef du Moulin des écorces, nous en dit plus sur cette 2e édition qui s’annonce « bien dans son assiette ».

Chat Perché Dole 2015 © Clement Bonvalot-12

Par Geoffroy Morhain
Photos : Jean-Luc Petit sauf mention contraire

En 2008, quand Patrick Franchini se lance dans l’aventure du Moulin des écorces avec son épouse Valérie,  le vieux moulin installé sur une presqu’île du Doubs, à la sortie de Dole, n’est plus qu’une ruine dont la roue à aube ne tourne plus depuis longtemps. Aujourd’hui, son hôtel-restaurant 3 étoiles est devenu une des références d’une cité doloise dont la réputation gastronomique n’est plus à faire. « Besançon envie notre offre culinaire, plus variée et de meilleure qualité que la sienne. Pourtant, malgré nos nombreuses bonnes tables, il nous manquait encore un gros événement autour de la gastronomie. A défaut d’accueillir la Percée du vin jaune comme d’autres communes jurassiennes, on a dû inventer un temps fort susceptible de rapprocher les patrimoines historique et culturel de la ville, tout en mettant en valeur nos savoir-faire et nos produits du terroir. »

Gourmand, le chat perché 

Ainsi est né l’an dernier le « week-end gourmand du chat perché », stratégiquement calé fin septembre sur l’événement national qu’est la Fête de la gastronomie. Suite au succès de cette première édition, qui a ramené quelque 25 000 visiteurs (parfois venus de loin) tout en fédérant les pros du bien-manger dolois, l’opération revient cette année sur trois jours (du vendredi 23 au dimanche 25 septembre) avec un thème porteur largement ouvert sur l’art de la table et le bien-vivre : « À Dole, je me sens bien dans mon assiette », tout un programme !

« La première édition ayant ramené du monde au-delà de nos objectifs, la deuxième édition va naturellement bénéficier de partenaires plus nombreux et de fonds plus importants. Pour autant, la qualité doit toujours primer sur la quantité, il ne s’agit pas de multiplier les stands de faux saucisson corse ou de pseudo-produits du terroir, déclare avec humour Patrick Franchini qui, outre sa toque de chef cuisinier et son couvre-chef d’entreprise, porte aussi la casquette de président de l’Association gourmande du chat perché qui organise la manifestation. Au-delà de l’aspect événementiel et des moments de convivialité qu’on offre au public, il s’agit pour l’agglomération doloise d’un véritable investissement à long terme sur son image. Un peu comme au jeu de dames, cette opération nous coûte un pion aujourd’hui pour nous en rapporter quatre ou cinq demain. Avec l’objectif final d’imposer Dole comme une destination touristique à part entière, une étape “bien-être” plus qu’une simple sortie d’autoroute. »

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Patrick Franchini dans le jardin des Chevannes qui longe le canal des Tanneurs, face à la maison natale de Pasteur.

Vieilles pierres et sensations gustatives

Alliant plaisir des sens et réflexion sur le sens, le menu du 2week-end gourmand du chat perché est là pour le rappeler : le vendredi, mise en bouche au manège de Brack avec, à côté de démonstrations-dégustations pilotées par le Comité de promotion des produits régionaux (CPPR), une après-midi table ronde autour du thème « Se sentir bien dans son assiette » lors de laquelle médecins, nutritionnistes et sociologues débattront sur les comportements alimentaires, les dangers de la « malbouffe » ou encore les bienfaits du chocolat.

Les samedi et dimanche, comme l’an dernier, de nombreux villages verront le jour en centre-ville, tout au long du circuit du Chat perché. L’occasion de découvrir une large palette de produits du terroir, notamment ceux de Sestri Levante (la jumelle italienne de Dole), mais aussi et surtout de rencontrer les petits producteurs et artisans qui leur donnent naissance, avec l’accent mis cette année sur les AOC franc-comtoises et les circuits courts.

Toujours dans le même esprit, la manifestation entremêlera savamment patrimoine et saveurs : goûters organisés au sommet du clocher de la collégiale, sommeliers du Jura et Franche-Comté installés dans l’ancien couvent de la Visitation, accès privilégié à différents hauts lieux de l’histoire doloise grâce au « pass dégustation »…

Autant d’occasions de se faire un petit plaisir gustatif pas ordinaire, à la rencontre du goût, mais surtout des autres et de notre héritage collectif. L’histoire comme la gastronomie participent d’un certain art de vivre, ce n’est pas ce bon chat perché qui dira le contraire.

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Vue imprenable sur les toits du vieux Dole après avoir gravi les 365 marches de la tour-clocher de la collégiale Notre-Dame (XVIIe siècle), la plus haute de Franche-Comté.

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