À Dijon, le Drive fermier de Côte-d’Or propose les produits d’une quarantaine de producteurs du département. Si le boom de fréquentation du confinement est retombé comme un soufflé, ce système de distribution a malgré tout de beaux jours devant lui.

Un aperçu de la diversité des produits vendus par l’intermédaire du Drive fermier de Côte-d’Or : de la viande, des fruits et des légumes frais, mais aussi des plats cuisinés en conserve, du pain, de l’épicerie sèche ou encore des fleurs coupées. © Isabelle Smolinski

Comme chaque vendredi après-midi, c’est l’effervescence autour du Drive fermier de Côte-d’Or situé au Marché de l’Agro à Dijon (ex-marché de gros en zone Cap Nord). Aujourd’hui une bonne centaine de clients passeront récupérer en voiture leur commande, payée en ligne au préalable (le mercredi soir au plus tard).

Pas seulement quelques œufs et légumes, mais des paniers bien garnis, issus d’un véritable petit supermarché fermier en ligne, avec une gamme élargie : courge butternut de l’EARL Le Breuil (Chevigny-Fenay), lentillons bio de La Ferme gauloise (Sacquenay), truite du Gaec de l’Aube, pain de campagne de La Ferme aux 100 blés (Broing-les-Moines), confit de canard de Pascal Laprée (Mont-Saint-Jean), fromages de brebis de la ferme de Conrieux (Saulieu), confiture de la Ferme Fruirouge (Concœur-et-Corboin), crémant de Bourgogne de la Grange aux clercs (Massingy), sorbets aux fruits de La Ferme au gré du temps (Vernot), pâtes à l’épeautre de la Ferme du Rabutin (Bussy-le-Grand) et même compositions florales, celles de l’horticultrice Christine Corneloup (Ruffey-les-Echirey), depuis peu…

Situé contre la brasserie du Marché de l’Agro, le point de retrait du Drive fermier de Côte-d’Or n’a pourtant rien de campagnard : carrelage au sol, mobilier inox et caisses en plastique rangées par numéro de commande dans la chambre froide ou la réserve d’épicerie sèche selon les produits. Le local se veut avant tout pratique et respectueux des normes d’hygiène, sans s’embarrasser de fioritures. Ici, ce n’est pas le décor, mais les produits qui portent l’identité fermière du concept. Un concept qui séduit de plus en plus de citadins qui n’ont plus vraiment envie d’acheter des tomates espagnoles élevées hors-sol, ni de la côte de porc élevé sous antibiotique en système intensif.

Le confinement a quasiment triplé la fréquentation du Drive dijonnais, qui tourne aujourd’hui à un rythme plus habituel, entre 100 et 150 commandes par semaine. © Laurent Madelon / APCA

De la ferme au coffre

La file de voitures qui se presse dès 12h30 devant le petit quai de déchargement est là pour en témoigner : « Avant le Covid, on tournait à une petite centaine de commandes par semaine, avant de monter à plus de 300 pendant le confinement. Aujourd’hui, on est redescendu entre 100 et 150. En août l’an dernier par exemple, on avait enregistré une quarantaine de commandes hebdomadaires en moyenne, contre 120 cette année. Un certain nombre de nouveaux clients ayant découvert le Drive fermier à l’occasion de la crise sanitaire revient aujourd’hui, même ponctuellement », précise Annabelle Marcouyoux, qui a profité de cet essor puisqu’elle est désormais salariée par le Drive fermier de Côte-d’Or chaque vendredi pour aider à la distribution des commandes, jusque-là assurée bénévolement et tour à tour par deux producteurs.

« Un mode de distribution en direct avec les producteurs, transparent, sans intermédiaire, avec des marges qui servent uniquement à couvrir les frais de fonctionnement de la structure et à faire vivre les agriculteurs. »

À l’image de L’Escargot bourguignon, où Annabelle travaille avec son frère Frédéric, la plupart des producteurs sont là depuis la création du Drive fermier de Côte-d’Or en 2016. Ces derniers temps, leur nombre progresse régulièrement : « Les nouveaux sont toujours les bienvenus. Les dossiers de demande sont étudiés de façon collégiale par le GIE (lire encadré ci-dessous), qui veille surtout à la qualité des produits et à leur complémentarité par rapport à l’offre déjà existante. »

Seule condition requise : être exploitant agricole sur la Côte-d’Or et membre du réseau Bienvenue à la Ferme : « Ici, les commerçants ou les artisans sont proscrits. Il s’agit d’un mode de distribution en direct avec les producteurs, transparent, sans intermédiaire, avec des marges qui servent uniquement à couvrir les frais de fonctionnement de la structure et à faire vivre les agriculteurs. » Avec des prix raisonnables donc, et une promesse jamais déçue : « Des produits 100 % fermiers, 100 % Côte-d’Or, de nos fermes à votre coffre ! »

Anabelle Marcouyoux, salariée par le Drive fermier de Côte-d’Or chaque vendredi pour aider à la distribution des commandes, jusque-là assurée bénévolement et tour à tour par deux producteurs. © Isabelle Smolinski

Bienvenue à la Ferme, késako ?
Marque portée par le réseau des chambres d’agriculture, Bienvenue à la Ferme a été créée en 1988 par et pour les agriculteurs. Aujourd’hui, près de 9 000 exploitants agricoles engagés dans la vente directe et l’accueil à la ferme adhèrent à ce réseau national pour diversifier leur activité. Bienvenue à la ferme développe notamment des marchés des producteurs de pays organisés en lien avec les collectivités territoriales, ainsi que le commerce en ligne de produits locaux grâce au système du Drive fermier, qui compte aujourd’hui plus d’une centaine de points de retrait sur toute la France. Si la marque et la plateforme de e-commerce appartiennent à Bienvenue à la ferme, les drives fermiers de chaque département sont gérés par un groupement d’intérêt économique (GIE) autonome rassemblant les producteurs qui y distribuent leurs produits.  

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