Fêtes de la Vigne : fous de folklore

Les Fêtes de la Vigne traverseront Dijon du 21 au 26 août.  Mythiques, ces folkloriades internationales sont un formidable métissage de passionnés qui représentent leurs origines ou se sont pris d’affection pour une culture. Dijon-Beaune Mag vous en présente une partie, de Bretagne au Portugal.

Par Alexis Cappellaro
Pour Dijon-Beaune Mag #71
Photos : Jonas Jacquel

Pirates !

Elle a connu les joies d’un fest-noz organisé par le cercle celtique Bellen Brug et est devenue « bretonne de cœur ». Aurélie Fliniaux a trouvé les gens « tellement accueillants » qu’elle a eu envie d’y danser encore et encore. L’histoire dure depuis 2003. La pétillante brune, membre du bureau depuis, défend une approche « hyper vivante du folklore, sur la base d’une culture ancestrale à travers la danse, la musique et les tenues vestimentaires, mais toujours dynamique. N’oublions pas que le breton est une langue encore parlée aujourd’hui ». Né en 1955, Bellen Brug était à la base une amicale d’expatriés à Dijon, « essentiellement constituée de familles de militaires bretons installés à la BA 102 ». Affiliée à la confédération Kendalc’h, l’association compte une quarantaine de membres actifs, qui se réunissent les vendredis soir pour des répétitions à l’Entrepôt de Chenôve et les mercredis en ce qui concerne l’atelier musique. Ses membres ont « en moyenne 35 ans » et pourtant, il n’est « pas toujours facile de dépoussiérer l’image vieillotte du folklore ». Mais l’association y met du sien, animée au quotidien par « une exigence au niveau des costumes », fabriqués par des couturiers bretons ou des danseuses « il y a fort longtemps ». Leur diversité étonne : « Nous avons une série de costumes féminins représentant les années 1800, élaborés à partir de gravures ; d’autres viennent des années 1900, avec le costume de travail, celui du dimanche… sachant que d’un clocher à l’autre, les tenues pouvaient varier. » Bref, la démarche va bien plus loin que les lieux communs : « Il n’y a pas que les bigoudaines sur les boites de gâteaux ou la pub Tipiak ! » Pirates!

Na zdrowie à la famille

La particularité est notable : Warszawa, groupe polonais créé à Dijon en 1959, ne compte… aucun Polonais d’origine. Il s’en accommode bien, sans complexe : tant qu’il y aura des sympathisants pour se retrouver autour de danses traditionnelles (polka, valse et autre oberek), dans un esprit de franche camaraderie, Warszawa existera. Quatre couples forment le noyau dur, rejoints par des bénévoles et des danseurs occasionnels qui chantent des paroles « retranscrites phonétiquement, même si nous avons tout de même besoin de sens et de véracité. Une personne polonophone nous aide depuis un an et demi », plaide Sandrine Vignon, l’épouse du président David. Le père fondateur, Joseph-André « Dédé » Parczynski, n’est jamais bien loin non plus. David Vignon a repris le flambeau en 2006, tout naturellement, « suite à un tour de table rapide un vendredi soir, après une répétition ». L’histoire du couple sera toujours liée à Warszawa. C’est là qu’ils se sont connus, à l’âge de 7 et 8 ans.
« Ma petite voisine partait tous les samedis en répétition et je lui demandais tout le temps où elle allait. Un jour, j’ai fini par la suivre », se rappelle avec tendresse Sandrine, qui a eu depuis quatre enfants avec David. Ses trois filles et son fils saxophoniste font partie des jeunes fidèles du groupe folklorique. Ils savent combien leurs parents ont vécu de belles choses ici, notamment au festival de Rzeszów. Accompagnés de saxophones, clarinettes, violons, accordéons et percussions, ils seront une vingtaine à restituer cette joie intérieure aux Fêtes de la Vigne, par amour de la Pologne. De la famille, aussi. Santé, na zdrowie !

Viva Portugal !

Comme elle le dit avec humour, Claudia Nogueira a intégré l’association Ulfe « à la naissance, il y a 32 ans ». Ses parents se sont rencontrés dans le groupe folklorique ; 35 ans qu’ils y sont fidèles. Son grand-père de 82 ans a « tout connu, la fondation en 1979, la fusion en 1997… » Bref, de quoi être membre d’office. Claudia est même devenue secrétaire de l’association dont le rayonnement est sans pareil à Dijon : football,  repas, cours agréés, concerts de fado, expositions… et même un centre culturel, la maison du Portugal, avenue Stalingrad. « Un lieu de rassemblement pour toutes les générations, où l’on prend plaisir à partager un repas ou regarder un match. » Il y a du monde : 500 familles dijonnaises sont adhérentes ! Côté folklore,  sous la responsabilité de Claudia une nouvelle fois, une trentaine de danseurs et chanteurs s’efforcent de « représenter toute la diversité du pays à travers ses régions, de Porto à Guimarães – ville jumelée avec Dijon – en passant par Nazaré, dont les tenues de pêcheurs et les robes plus courtes dotées de 7 jupons sont très atypiques. » Guitare, accordéons, tambours, tambourins, castagnettes… tels sont les fidèles compagnons de danses comme le malhão, « popularisé par Linda de Suza ». La joyeuse troupe profite d’une bienveillance et d’un interêt tout particulier de la part du public, « le Portugal étant la grande destination à la mode ». La responsable est donc toujours ravie de présenter des spectacles dans lesquels « les enfants ont toute leur place, avec des danses plus adaptées ». Si son mari Alberto a pris un peu de recul pour le moment, leurs enfants de 2 et 5 ans sont évidemment membres d’office.

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