Échaudé par le premier confinement, Nicolas Isnard, qui codirige L’Auberge de la Charme à Prenois, met les bouchées doubles pour aller au-devant de ses clients. Il lance un food truck très qualitatif – Food’Charme – et s’installe sous les halles dijonnaises.

Food'Charme
Le foodtruck Food’Charme signé l’Auberge de la Charme. © D.R.

L’énergie positive de Nicolas Isnard fait du bien. Pour l’homme qui codirige avec David Le Comte l’étoilée Auberge de la Charme, à Prenois, aucune difficulté ne semble insurmontable. Chacune apparaît, au contraire, comme une occasion de réinventer son métier de restaurateur. Ainsi, le premier confinement avait révélé cruellement à quel point, à 15 km de Dijon, il pouvait être difficile de s’approvisionner en bons produits. « Les seuls commerçants qui travaillaient étaient la boulangère et un camion à pizzas », note le chef. « J’aurais été ravi, alors, que quelqu’un apporte de la nourriture, et de bons produits. J’ai donc décidé de m’atteler à ce projet. » Ainsi est né Food’Charme, un « food truck » qui fait la tournée des villages autour de Prenois, Hauteville, Fontaine-les-Dijon, Norges, Talant. Chaque midi, c’est à Dijon, quartier Toison d’Or, sur le parking de la Maison des Entreprises, que s’installe le camion.

Des produits d’exception

Quelqu’un d’aussi passionné de gastronomie que Nicolas Isnard ne pouvait imaginer un food truck ordinaire. Food’Charme propose une sélection de produits très qualitatifs, collectés auprès des meilleurs spécialistes. « Je me suis demandé : si tu veux du chocolat, tu vas chez qui ? Et bien chez Fabrice Gillotte. Des pâtisseries ? Demandons à Pascal Caffet, champion du monde des pâtissiers-chocolatiers-glaciers en 1995. Du pain ? Allons voir Louis Tortochot (Du Pain pour Demain), désigné meilleur boulanger de France » Chaque produit, rigoureusement sélectionné, est proposé à la vente au camion. Le chef y ajoute une sélection de ses plats, sur lesquels il travaille en continu, et sollicite d’autres chefs pour qu’ils proposent aussi leur cuisine. David Zuddas a déjà répondu à l’appel avec de fantastiques lasagnes.

À ce nouveau food truck – un investissement de plus de 100 000 € – Nicolas va adjoindre dans les prochaines semaines un stand sous les halles de Dijon. Il y proposera son épicerie fine, et sa cuisine à emporter. Déjà en charge du Bistrot des Halles juste en face, le chef double sa mise dijonnaise. « Nous aurons 7 mètres de linéaire et un stand de 14 m2, à côté de la poissonnerie boulonnaise », précise-t-il. Si les clients ne peuvent plus venir à la Charme, c’est la Charme qui vient à eux. Simple, non ? « Ces deux projets sont bien sûr des réponses à la crise, mais ce sont également des projets de moyen terme, qui seront pérennes. Aujourd’hui, j’essaye de pallier le manque à gagner lié à la fermeture de la salle du restaurant. Mais demain, quand la vie reprendra, j’aurais toujours ces offres », se félicite celui pour qui le métier de cuisinier implique une vraie capacité d’adaptabilité. Dont il fait chaque jour la preuve.

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