François Mitterrand est-il un monument historique bourguignon ?

Le 26 octobre, François Mitterrand aurait eu cent ans. Bourgogne Magazine ne pouvait pas passer à côté de l’anniversaire de « tonton » le Bourguignon. Et le consacre en tant que monument historique régional. Mais entre les différentes personnalités de l’ancien président, la revue n’a pas su choisir. « Tonton » politique ou « tonton » authentique, chacun aura sa préférence de couverture en kiosques, ou pas, car c’est du « tonton collector » en devenir. En kiosques début novembre.

double-couv

Un seul numéro, un seul contenu, mais deux couvertures au choix. Le Mitterrand du terroir (photographié par Jean-Paul Gollin) ; le Mitterrand politique (croqué par Patrick Grillot).

Par Dominique Bruillot
Edito du Bourgogne Magazine n°51 (octobre-novembre)

Confidence pour confidence, il n’y a rien de confidentiel dans ce numéro. L’histoire d’amour entre François Mitterrand et la Bourgogne, maintes fois racontée, est largement connue. La révélation fracassante, le « scoop » de la petite phrase post mortem et le grand débat politique, on laisse ça à nos confrères parisiens, bien plus avisés que nous sur le sujet…

En revanche, un siècle après sa naissance, faisons de François Mitterrand un élément identifié du patrimoine régional, qui mériterait presque une inscription aux Monuments Historiques. Tout comme nos belles cathédrales ont dépassé leur dimension cultuelle en devenant les atouts d’un tourisme culturel pétri de sens aujourd’hui, la figure « clivante » de l’ancien président de la République s’est détachée de son socle politique pour devenir une motivation de pèlerinage.

On vous invite, à ce propos, à suivre les pérégrinations de notre dessinateur-poète Bernard Deubelbeiss. Lui qui vit près de Latche, où repose le héros de sa mini comptine, a donc emprunté les chemins de la Mitterrandie en Bourgogne avec son crayon d’une exquise curiosité. Sous le regard de l’artiste, le périple que l’on aurait pu craindre institutionnel prend alors des saveurs inattendues. Les rondeurs de son dessin l’autorisent, en une seule image et sans fâcherie, à expliquer comment François Mitterrand fit sauter le clocher de l’église de son village nivernais pour les besoins de la réalisation de sa célèbre affiche de la « Force tranquille ». En BD comme en politique, on peut tout se permettre en toute impunité : déplacer des montagnes, défier le temps, revoir à sa guise toute forme d’architecture…

Sans surprise aussi, cette balade dans les pas du Président met le doigt sur la personnalité multiple et complexe du personnage. Derrière l’animal politique, elle insiste sur la relation fondamentale que ce dernier entretenait avec les paysages, les gens de toute condition et ses amitiés les plus discrètes. C’est pourquoi, au risque de se faire taper sur le doigts pour cette démarche inhabituelle, nous avons choisi de ne pas choisir, donc de vous proposer deux couvertures : l’une avec la photo de « tonton » en haut de Solutré, prise par Jean-Paul Gollin ; l’autre avec le portrait réalisé par notre caricaturiste préféré, l’excellent Patrick Grillot. Mais vous avez le droit d’acheter les deux, c’est du « tonton collector » en devenir.

3 thoughts on “François Mitterrand est-il un monument historique bourguignon ?

  1. tehessef
    29/10/2016 à 15:23

    Mitterrand le Florentin n’a rien d’un bourguignon.
    Laissons le à Jarnac et oublions les épisodes « Vieux Morvan » et Solutré.

  2. sandrine
    26/10/2016 à 13:39

    Sermages, petit village du Morvan, qui a perdu le clocher de son église sur les affiches de la campagne de Mitterrand, n’a jamais été son lieu de naissance ou d’habitation !!! Donc si je comprends bien c’est Patrick Grillot qui explique pourquoi le clocher de son village a été tronqué ?? Mr Grillot est donc Sermageois ?

  3. Thierry
    26/10/2016 à 10:31

    L’homme était surement attachant, mais le politique était loin de l’être! Il ne laisse pas un souvenir inoubliable pour ses actions politiques nationales ou régionales.

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