Grand théâtre de Dijon: faste et lyrique

© CAUE

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A la fin du XVIIIème siècle, la découverte de Pompéi relance le goût de l’architecture classique à laquelle les architectes du monde entier vont aller se frotter, histoire de se détacher du baroque. Goût pour le sublime, le faste et l’impressionnant, mais aussi rejet du modernisme de la Révolution Industrielle, le Grand théâtre de Dijon est un des exemples monumentaux de cet engouement.

Construit par deux architectes dijonnais, Simon Vallot (1774-1850) mais surtout Jacques Cellerier (1742-1814), à qui l’on doit les dessins de l’Arc du Triomphe, ou encore le char funèbre de Voltaire, le Grand théâtre de Dijon est dédié depuis son inauguration au lyrique.

2 décembre 1810, à l’emplacement de l’ancienne Saint-Chapelle, la première pierre de ce que sera le Grand théâtre de Dijon est posée. Il faudra attendre 18 ans avant son inauguration, le 4 novembre 1828: sa construction sera stoppée en 1814 pour malfaçons et reprise en 1823 par Simon Vallot seul, Jacques Cellerier étant décédé.

Du cristal de Murano

Le monument est imposant : 17 mètres de hauteur soutenu par huit colonnes corinthiennes (ordre architectural grec du Vème siècle) qui forment un péristyle (galerie de colonnes) remarquable, donnant au Grand Théâtre sa prestance. 22 mètres de largeur et 61 de longueur qui accueillent un théâtre à l’italienne originellement de 1000 places, réduit à 692 lors d’une restauration de 1969. Le vestibule, décoré par Charles Moench reçoit l’ornementation et les rideaux de Pierre-Luc-Charles Ciceri (1782-1868) – à qui l’on doit la décoration de l’Opéra de Paris – et les tympans sont ornés du blason de la ville de Dijon et des armes de la famille de Courtivron. Antoine et Louis-Philippe-Marie (sénateur de Côte-d’Or) Le Compasseur de Courtivron furent tous deux maires de Dijon.

Le mobilier du foyer, en frêne ronceux, a été commandé à Werner, tapissier du roi. La salle qui accueillait 1000 places à sa construction sur trois niveaux sera réduite à 692 pour améliorer le confort des spectateurs lors de sa restauration. En 1855, Charles Cambon (1802-1875) célèbre décorateur des théâtres français, et ancien élève de Ciceri recouvre le plafond de la salle et de l’avant scène d’un trompe-l’oeil mettant à l’honneur les arts du théâtre.

Lors de la  restauration de 1969, des lustres en cristal de Murano, datant de 1900 et composés de tubes de verre de Venise (2000 tubes pour celui de la salle, le plus imposant) seront installés dans le vestibule, le foyer et la salle. Les façades et toitures ayant été classées aux Monuments Historiques en 1975, l’intérieur de l’édifice a pu de nouveau être restauré en 2005, imposant le Grand théâtre de Dijon comme la plus importante scène lyrique de Bourgogne. Un titre que l’on doit notamment à une acoustique exceptionnelle.

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