Le Conseil départemental poursuit l’équipement de la Côte-d’Or en Très haut débit (THD). Son vice-président en charge du numérique, Hubert Poullot, par ailleurs maire de Saint-Philibert, en dit plus sur cette « franche connexion » du territoire qui concerne directement Nuits-Saint-Georges.

La fibre est attendue comme le messie. Qu’en est-il ?

Encore tout récemment, de nombreuses personnes ont dû télétravailler. D’où l’importance de bénéficier à domicile d’un débit élevé. La fibre permet également le développement de l’e-santé, particulièrement essentielle en période de pandémie. L’effet Covid génère une attente encore plus forte quant à l’arrivée de la fibre optique à la maison et à l’entreprise. À ce titre, rappelons que le Conseil départemental avait dès 2019 terminé son important chantier de montée en débit, avec plus de 8 Mb/s en Côte-d’Or. Cette opération a permis de traiter les zones de carence de l’ADSL et ainsi de limiter les difficultés ou problèmes de connexion pour les Côte-d’Oriens lors des différents confinements ou périodes de télétravail. À Nuits-Saint-Georges, l’installation de la fibre est en cours de déploiement par Altitude Fibre 21, qui investit en fonds propres, le réseau devant ouvrir commercialement au second semestre 2022.

Un opérateur privé, donc ?

En 2018, le Conseil départemental avait lancé un appel à manifestations d’engagements locaux (AMEL) pour confier à un opérateur privé le déploiement de la fibre dans 224 communes qui devaient initialement être traitées par le Conseil départemental. À l’issue de cet appel, c’est Altitude Infrastructure qui a été retenue et qui a créé pour l’occasion la société Altitude Fibre 21.

Le maître d’œuvre du chantier c’est le Département. Quelles sont les difficultés de ce chantier ? Sommes-nous dans les temps ?

Plus que dans les temps : nous sommes en avance de trois ans par rapport à notre calendrier initial et aux objectifs fixés par l’État. Sachant que la Côte-d’Or est le quatrième plus grand département de France, nous pouvons être fiers du chemin déjà accompli ! Le déploiement de la fibre a pu être retardé du fait d’aléas rencontrés : la pénurie en câbles optiques intervenue en 2017 et 2018, la difficulté des entreprises à recruter du personnel qualifié, les tensions fortes sur l’approvisionnement en matières premières, la procédure lourde d’accès aux supports électriques pour le tirage de câbles, l’évolution de l’habitat qui nécessite parfois la reprise des études préliminaires, l’attente d’autorisations pour l’utilisation d’infrastructures existantes, des franchissements d’ouvrages tels que des voies ferrées ou des autoroutes nécessitant des procédures longues, l’attente de la délivrance d’autorisations en zone inscrite ou classée… Bref, les difficultés sont nombreuses, mais nous maintenons le cap pour achever la couverture de la Côte-d’Or en très haut débit fin 2022.

Hubert Poullot, vice-président en charge du numérique au Conseil départemental de Côte-d’Or. ©D.R.

Dans le dédale des propositions, on est en proie à une surenchère des opérateurs et des intervenants de toute nature. Là aussi, il faut être vigilant ?

S’agissant des opérateurs, il convient de bien appréhender les offres commerciales à la fibre, et notamment de vérifier le tarif mensuel proposé après les 12 premiers mois d’abonnement. Comme pour tout abonnement à un service, il faut comparer les prestations. Et dans notre cas, faire jouer la concurrence ! Concernant le raccordement à la fibre, c’est un sous-traitant du fournisseur d’accès à internet (FAI) choisi qui réalise le branchement optique final, depuis le dernier élément du réseau déployé qui se trouve sur le domaine public jusqu’à l’intérieur du logement où est installée la prise terminale optique. La brochure que nous avons éditée au Département, disponible sur
thd.cotedor.fr, contient des conseils précieux sur ce point.

Puis il faudra bien assurer le SAV, accompagner les usagers, entretenir, faire savoir pour attirer de nouveaux habitants par exemple. Tout est envisagé à ce jour ?

Nous y travaillons déjà en parallèle. De la même manière que les gens regardent l’offre scolaire, médicale ou de loisirs proposée où ils souhaitent s’implanter, l’accès au THD est devenu un critère majeur. Et à l’image de la téléphonie, l’usager estime que l’accès à la fibre est un service qui lui est indispensable. Le THD partout et pour tous en Côte-d’Or sera un élément essentiel de notre attractivité. Nous avons un autre défi : lutter contre le risque d’une fracture numérique. Nous allons mener ce chantier avec les communes et les intercommunalités pour faire face à ce qu’il est convenu d’appeler l’« illectronisme ». L’idée étant que chaque ancien chef-lieu de canton et chaque quartier puisse bénéficier d’un espace numérique adapté où chacun pourra trouver de l’aide, des conseils… Comme pour toutes nos politiques, il s’agira d’accompagner vers l’autonomie celles et ceux qui en ont besoin. 

En tant que maire de Saint-Philibert et ses 600 âmes, est-ce que vous voyez cette évolution sous le même angle que les habitants de Nuits-Saint-Georges par exemple ? 

L’accès à la fibre est un atout pour toutes les communes, qu’elles soient rurales ou urbaines. Au Département, nous avons ce souci permanent d’équiper équitablement tous les territoires. C’est notre ADN parce que chaque commune et chaque habitant comptent ! Et pour faire du télétravail par exemple, l’important est d’avoir accès à un très bon débit, peu importe qu’on soit à Saint-Philibert ou à Nuits-Saint-Georges ! Donc oui l’attente et l’utilité sont les mêmes.

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