L’hydrogène débarque dans les bus et dans la vie de tous les jours. Christophe Rougeot en a fait un pôle énergie autonome au sein de son groupe. L’ancien secrétaire général de la FRTP, Jean-Pierre Dauge, l’a rejoint pour organiser la formation aux nouveaux métiers qui émergent de cette mutation à l’heure H.

Christophe Rougeot (PDG du groupe), Nicolas Aumar (responsable de Rougeot Énergie), Marion Savoy (directrice communication-marketing) et Jean-Pierre Dauge (ancien secrétaire général de la Fédération régionale des Travaux publics) dont le rôle est d’identifier les nouveaux métiers de l’hydrogène et mettre en place des formations professionnelles correspondantes. © Bénédicte Manière

H2 est le symbole d’un monde nouveau. L’hydrogène débarque à tous les étages de la société, en premier lieu chez les politiques qui ont le devoir de repenser nos habitudes énergétiques. Christophe Rougeot continue à tracer sa route, ses nombreuses routes même, avec son groupe de BTP. Mais il a pris les devants d’une tendance lourde en créant Rougeot Énergie. Depuis son fief de Meursault, le chef d’entreprise ne fait pas mystère de cette naissance : « Nous la devons à la Région Bourgogne-Franche-Comté. » Et situe les enjeux de son défi à la hauteur qu’ils méritent, car « la révolution de l’hydrogène sera aussi marquante dans les esprits que le passage du téléphone à cadran au smartphone ». 

Justy et Isthy

Rougeot Énergie est piloté par Nicolas Aumar. Onze ingénieurs et deux doctorants travaillent sur ce pôle à deux facettes complémentaires : l’opérationnel et l’ingénierie avec Justy ; la recherche et la certification via Isthy, le centre d’essais et de certifications des systèmes de stockage hydrogène.

Ces deux entités ont des rôles actifs dans la transition énergétique annoncée. Justy accompagne la maîtrise d’ouvrage et ouvre le champ des formations nouvelles qui émergent de cette mutation, profitant ainsi à l’ensemble d’une filière naissante. Basé à Belfort, le centre d’essais Isthy placé sous la conduite de Michel Romand fera aussi le lien avec différents secteurs, dont celui de l’industrie automobile, omniprésente dans le nord du territoire franc-comtois. Dans ce contexte, la Bourgogne-Franche-Comté multiplie les impulsions pour devenir une région leader dans le domaine de l’hydrogène. Le programme Dijon Métropole Smart EnergHy (DMSE), dans lequel Rougeot Énergie est fortement impliqué notamment sur le développement du projet et sa conception, est un moteur essentiel de cette politique ambitieuse qui demande une adaptation permanente des savoir-faire.

#justdijon to live #Storengy, filiale d’ENGIE, s’engage aux côtés de Dijon Métropole et Rougeot Energie / Groupe Rougeot…

Publiée par just dijon sur Mardi 16 février 2021

De nouveaux métiers

C’est là qu’intervient Jean-Pierre Dauge. L’ancien secrétaire général de la Fédération régionale des Travaux publics (FRTP) a quitté le champ syndical pour prendre place dans l’aventure H2 de Rougeot. « Chaque projet repose sur trois piliers : l’économique, le technologique et le social. Je m’occupe du troisième pilier », explique celui qui, depuis 2021, s’est donné pour mission « d’identifier les métiers qui n’existaient pas avant ». Dans le monde nouveau de l’hydrogène, le mécanicien et le chargé de maintenance ne travaillent plus comme avant. II faut les former. Justy est là pour ça. Le défi est même beaucoup plus vaste qu’il n’y paraît. Il concerne les métiers de la mobilité, de l’industrie, de l’habitat et même du tertiaire tant le volet réglementaire pèse parfois lourd dans la maîtrise des dossiers.

Le projet de Dijon Métropole Hydrogène se présente ainsi comme celui d’une économie circulaire, très schématiquement résumée par l’équation : déchets = électricité = production d’hydrogène = énergie propre pour les transports en commun. C’est un peu simpliste vu comme ça, mais suffisamment explicite pour admettre que le personnel impliqué dans cette révolution va vers de nouveaux champs de compétences. Il faudra donc bien mettre en place des modules de formation ad hoc.

Christophe Rougeot s’amuse volontiers de ce grand virage annoncé. Le PDG du groupe éponyme promet de faire passer son imposante flotte d’engins et de camions à l’hydrogène dès que possible. Avec une perspective heureuse inspirée par ses origines viticoles : « On finira par décarbonner la Côte ! » À bon entendeur…   

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