Avec le concours du Département et de la Chambre d’agriculture de Côte-d’Or, DBM n°83 (oct-nov) s’intéresse à l’évolution de notre relation au consommer local et à ces « circuits courts » qu’on évoque à tout bout de champ.

DBM n°83 (octobre-novembre) spécial circuits courts en Côte-d’Or. © Jean-Luc Petit

L’edito

La situation est grave mais pas encore désespérée pour l’Homme. Il va cependant falloir reconsidérer notre rapport au monde agricole et, à travers lui, à la terre. Tout en se souvenant que les « bonnes » règles sont généralement dictées par des théoriciens du bien manger et de l’environnement qui n’ont jamais été confrontés, dans leur vie, à la réalité d’un terroir, à la difficulté d’une exploitation. Ces « bobos » de la pensée, que nous ignorons chaleureusement, voient dans le « culto » une raclure attardée d’empoisonneur. Ce dossier « J’veux du 21 » occupe l’essentiel de ce numéro. Il brosse un portrait ni complaisant, ni naïf, ni à charge de la nouvelle agriculture. Nos journalistes sont allés jusqu’au fond du poulailler pour mettre en perspective la remise en question d’un monde méconnu, qui travaille en silence et, parfois, dans la douleur. On le voit en Côte-d’Or, dans cette mini France du terroir, l’environnement et le bien-être animal demeurent malgré tout parmi les préoccupations majeures de nos éleveurs et agriculteurs. Ces derniers sont de véritables chefs d’entreprise confrontés à des défis de plus en plus complexes.

À vouloir tout raser sur son passage, à la manière d’un barbier justicier de l’écologie, on met en péril certaines filières. Le cassis et la moutarde ont un énorme potentiel cultural face à l’attente des industriels dijonnais. On n’en produit plus assez, certes, à cause du dérèglement climatique, mais parce qu’on interdit l’usage de produits de traitement phytosanitaire. Sans laisser le temps aux acteurs du terrain, qui progressent en la matière, d’installer une solution alternative.

Harmoniser les relations

Notre propos n’est pas de remettre en question les vertus d’une prise de conscience collective en faveur de la protection de l’environnement. Mais cette situation contradictoire laisse le champ libre aux Polonais, aux Russes et aux Canadiens, pas vraiment embêtés par le genre de contraintes qu’on impose aux nôtres. L’engouement général pour le court et le local est une bonne chose. Il est tout aussi urgent d’harmoniser la relation entre producteurs et consommateurs. L’Agriculture et l’Ecologie sont aujourd’hui comme deux chaussettes dépareillées : elles ont la même pointure, elles servent le même homme… mais elles sont dépareillées.

Alors, lisez notre dossier. Peut-être vous donnera-t-il l’envie d’aller voir encore de plus près celles et ceux qui produisent pour nous tous. Histoire d’en être plus proches.

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