Klapisch fera-t-il le premier bon film sur la Bourgogne viticole?

Klapisch saura-t-il donner à la Bourgogne viticole et à la terre de Marey le film attendu? Ses références et sa connaissance du vin plaident pour le « oui ». Réponse définitive dans un an ou plus, le temps d’un tournage dans nos vignes.

2015-07-08 19.27.53

Par Dominique Bruillot

Tous deux sont nés en 1830 et morts en 1904. L’un vivait aux Etats-Unis, l’autre en France. Ces jumeaux obsédés par le mouvement se partageaient aussi les mêmes initiales. Eadweard J. Muybridge le photographe et Etienne-Jules Marey le scientifique touche-à-tout, sans jamais se croiser mais en échangeant beaucoup par voie postale, ont surtout posé les bases du cinéma en devenant les inspirateurs des Frères Lumières.

Cette histoire symbolise à sa manière la magie de la coopération franco-américaine. Alors qu’il n’avait que 26 ans, le cinéaste Cédric Klapisch, lui-même fils de physicien, s’était intéressé au Beaunois Marey. Ce qui me meut en a résulté. Un faux documentaire et court métrage concocté dans la marmite des actus « Pathé », avec un brin de fiction, cinéma oblige. « J’y ai même ajouté une histoire d’amour » reconnaît le réalisateur.

Dans le cadre des 10 jours d’amitié franco-américaine, le château de Pommard, propriété de l’Américain Michael Baum, mécène des Climats _eux-mêmes inscrits à L’unesco depuis un certain… 4 juillet, autre signe du destin_ ne pouvait donc faire autrement que recevoir comme un messie le réalisateur de L’auberge espagnole, et célébrer tout cela avec une exposition temporaire des travaux de Marey et Muybridge. D’autant que Klapisch a une forte actualité sur le secteur: dès septembre, il amorce le tournage d’un film dans les vignes de Meursault et Chassagne, voire Pernand.

Jean Dujardin à Beaune le premier octobre?

Le cinéaste fait le pitch de son projet: « Cela parle d’une fratrie de vignerons, un peu jeunes, entre 15 et 30 ans, qui héritent d’un domaine. L’un des trois veut vendre, les autres non. Finalement, ils continuent à faire vivre l’exploitation. » Ici, pas de meurtre, pas de sang versé entre deux pieds de chardonnay, juste « une histoire affective car l’idée du film est de montrer le rythme des saisons, de voir comment les gens qui fabriquent le vin savent se mettre au diapason de la nature. »

Avec son père fan de bourgognes, il a été à bonne école, au contact, notamment, de la famille de Montille qui accueillera une partie du tournage. L’acteur-vigneron de Meursault Jean-Marc Roulot (Les saveurs du Palais) aura aussi un rôle tout trouvé dans l’affaire, celui d’un chef de culture. De quoi nous laisser espérer que la Bourgogne viticole aura (enfin) le film qu’elle mérite.

D’ailleurs, l’actualité cinématographique n’a jamais été aussi dense à Beaune. Alain Suguenot assure que Lelouch a déjà commencé le montage de son prochain film tourné en Inde, dans les nouveaux locaux de son école du cinéma. On parle d’une ouverture en fanfare le premier octobre, avec la présence annoncée de Jean Dujardin, qui figure au casting dudit film.

En attendant confirmation de ce bel effet d’annonce, le député-maire de Beaune assure que parmi les projets émergents autour de l’école Lelouch, la Maison du mouvement présentera un grand intérêt. Elle aura pour vocation, via des expositions éphémères, à faire revivre l’œuvre de Marey, en sortant de leurs cartons les collections du Collège de France.

A croire que Beaune, comme le septième art, est en perpétuel mouvement.

Légende photo: Cédric Klapisch et Alain Suguenot, cinéphiles et œnophiles convaincus au château de Pommard.

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