Premier édile entre 1971 et 2001, Robert Poujade n’est plus. Le maire de Dijon François Rebsamen a annoncé : « Passé le confinement, viendra le temps de l’hommage de notre ville à son ancien maire. »

Robert Poujade a terminé sa vie en toute discrétion, à Paris. Il avait 91 ans. ©D.R

Robert Poujade, ancien maire de Dijon, est décédé le 8 avril dernier à Paris, à l’âge de 91 ans, sans lien avec l’épidémie de Covid-19 a précisé sa famille au Bien Public. S’il avait depuis longtemps quitté Dijon pour la capitale, Robert Poujade restera dans les mémoires comme maire de Dijon, fonction qu’il a assurée de 1971 à 2001, année où François Rebsamen, l’éternel opposant, quasi adoubé sur le tard, lui succédera. 

Fin lettré, Robert Poujade cultivait une discrétion d’érudit, qui ne l’a pas empêché de mener une carrière politique d’ampleur régionale et nationale. Il a été conseiller général, président du Conseil général et député. Alors qu’il était maire de Dijon, il a accédé à un poste ministériel, devenant ministre délégué à la protection de la nature et de l’environnement, entre janvier 1971 et mars 1973, puis ministre de la protection de la nature et de l’environnement du gouvernement Messmer, d’avril 1973 à février 1974.

En qualité de maire de Dijon, il a travaillé à la sauvegarde du patrimoine, en créant le premier secteur sauvegardé de France, et au rayonnement culturel de la ville. Son plus grand chantier, en forme de testament municipal, restera l’Auditorium. Ce décès signe la disparition d’une voix singulière, celle d’une droite gaulliste, conservatrice et sociale, soucieuse avant l’heure des questions environnementales.

One thought on “L’ancien maire de Dijon Robert Poujade est mort”

  1. Robert Poujade était un homme fort estimable ; normalien littéraire, il inaugura avec détermination un ministère de l’environnement et fut attentif à maintenir sa ville de Dijon dans son histoire. Honorer sa mémoire s’impose.
    La musique n’était pas son truc, ressusciter l’ironique « Poujadorium » serait une erreur. Après avoir résisté vingt ans à son adjoint Michel Grivelet, éminent universitaire shakespearien, qui voulait une salle de musique digne de la ville, il céda enfin à trois cents mélomanes unis pour réclamer un auditorium dédié à la musique seule. Il leur fallut dix ans pour le convaincre, dix ans de plus pour étrenner en 1998 une froide salle polyvalente, amputée du quart de son espace après de graves erreurs de construction, difficile à utiliser et trop longue. Leur déception fut noyée par une communication extravagante.
    Malgré ces obstacles, Laurent Joyeux en fit un opéra, réussit plusieurs saisons, et le public a suivi. Changer son nom usurpé d’« Auditorium » pourrait-il augmenter ce succès ? Donner le nom d’un grand compositeur est d’usage : Edgar Varèse, à l’enfance bourguignonne, avait été proposé, novateur audacieux devenu classique, célébré par les musiciens. Il a fait peur aux édiles. On peut trouver plus consensuel, mais jamais le nom d’un politique n’est justifié pour une salle de musique, pas plus que pour un hôpital sauf s’il a dépendu de lui, comme d’Edouard Herriot à Lyon. Georges Pompidou et François Mitterrand ont supplanté sans mérite médical nos grands médecins pour baptiser deux établissements. Nos prix Nobel auraient été dignes de cet honneur. Ils attendent toujours.

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