Il était très attaché à la région de Châtillon-sur-Seine. Axel Kahn a entamé sa dernière marche. Le célèbre généticien s’est éteint le 5 juillet, des suites d’un cancer. Grande voix humaniste, il avait rendu publique son inexorable maladie pour aider à « apprendre à vivre à proximité de la mort ».

Axel Kahn © Claude Truong-Ngoc / Wikimedia Commons

À 76 ans, il a mis un point final à sa chronique d’une fin de vie apaisée, comme il nommait le fil des derniers jours de sa vie consacrés, comme toute sa vie, à « faire le bien ». Car au-delà du généticien de haut vol et président de la Ligue nationale contre le cancer qu’il était, Axel Kahn était surtout une voix publique sereine, une boussole, une vigie dans le tumulte de l’histoire contemporaine. « On est ce que l’on fait. Un saint qui se conduit comme un salaud, c’est un salaud, c’est aussi simple que ça. Seule l’action importe, l’action vis-à-vis des autres. L’humanité, c’est le choix, le choix d’agir au profit des autres, ou à leur détriment. J’ai essayé d’être un type bien », confiait-il encore ces derniers jours.

Pourfendeur de la réification de l’être humain, engagé à gauche toute sa vie durant, Axel Kahn était un grand humaniste. Il s’est publiquement opposé au clonage reproductif ou thérapeutique, dénonçant également le réductionnisme génétique, qui considère l’humain sur la base de son seul ADN. C’était aussi un amoureux de la nature, qu’il adorait parcourir à pied. Un rapport particulier au temps, à la découverte lente, à hauteur d’homme, faisait de lui un grand promoteur de la marche. 

En 2013, il traversait la Bourgogne à pied, au cours d’un périple de 1600 km qui le conduisait des Ardennes au Pays Basque. « En route, je me promets de laisser toute leur chance aux expériences humaines imprévues, insolites, émouvantes et riches. Je suis persuadé que la lenteur obstinée du pas humain est propice à de tels événements », notait-il durant son parcours. Chevalier du Tastevin, amateur discret de grands crus, Axel Kahn était un habitué de la Bourgogne. Il résidait à Mussy-sur-Seine, village de l’Aube limitrophe du Châtillonnais, et son grand frère, le journaliste Jean-François Khan, possède un moulin à L’Isle-sur-Serein (Yonne). Puisse le Professeur trouver son nouvel endroit de repos.

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