Les exploitants de golf se disent prêts à rouvrir dès que possible. D’abord parce que l’exercice en plein air fera du bien aux déconfinés, mais aussi parce qu’ils ont réfléchi à une batterie de mesures pour assurer la sécurité sanitaire des golfeurs. Explications avec l’un d’entre eux, Denis Liébé (Country Club de Norges).

Crise ou pas, le golf de Norges, comme les autres, doit être entretenu au quotidien. © Country Club Norges

Par Dominique Bruillot

« 1,5 milliard de chiffre d’affaires, 15 000 emplois et 572 millions de recettes fiscales. » En trois chiffres, Denis Liébé résume cette filière golf qui se retrouve au fond du trou, avec ses salariés en chômage partiel, « tout en offrant aux personnels de terrain la possibilité de continuer à travailler dans des conditions d’hygiène et de sécurité strictes : crise ou pas, il faut maintenir les parcours en état ».

Privé de ressources, comme ses cousins de la restauration et de l’événementiel, le secteur des loisirs s’assèche face aux charges incompressibles. D’autant qu’il s’est engagé depuis plusieurs années dans des investissements importants pour répondre aux exigences environnementales de l’époque. Tout ça, au pire moment de l’année, quand les affaires reprennent habituellement.

Bénéfique pour la santé, compatible avec les enjeux du déconfinement futur, le golf semble être un bon spot pour se remettre en jambes. © Country Club Norges

6400 m2 par joueur !

Pourtant, le golf ne manque pas de vertus. Sport de plein air, il se joue entre amis ou en famille, quel que soit l’âge, dans des environnements naturels remarquables. « La pratique du golf a des bienfaits avérés sur la santé, surtout dans une période de confinement », insiste le dirigeant du Country Club de Norges, s’appuyant sur des études qui « ont démontré qu’elle augmentait l’espérance de vie de ses adeptes de cinq ans. Aussi le golf évolue dans de grands espaces, avec une très faible densité humaine. Sur les 732 équipements français, 604 sont des parcours de 9 trous et plus, d’une superficie minimum de 20 hectares pour un 9 trous. Un parcours 18 trous – la jauge classique qui représente la majorité du parc des équipements golfiques – s’étend sur une superficie de 50 hectares, souvent plus ».

À croire que c’est un concept né pour le déconfinement. Un 18 trous (60 à 70 hectares de surface en moyenne), avec un maximum 72 joueurs (4 par trou), représente une surface disponible par joueur de 6 400 m2. « Le tout bien réparti sur les différentes zones en fonction de l’avancée des parties et de chaque trou. »

Les exploitants de golf – une huitaine par chez nous, entre Norges, Quetigny, La Chassagne (Mâlain), Beaune-Levernois, Salives, Venarey-Les Laumes, Chailly-sur-Armançon… – seraient donc prêts à limiter les interactions entre individus et, dans le contexte exceptionnel du déconfinement, prendre des mesures complémentaires afin de protéger clients et leurs personnels. Pour la bonne bouche, en voici déjà huit qui méritent attention.

  1. Départ trou n°1 : affichage des mesures barrière et du règlement exceptionnel.
  2. Joueurs éloignés les uns des autres d’une distance minimum de 3 mètres.
  3. Les râteaux sont enlevés des bunkers.
  4. Les bogeys/trous sont relevés sur les greens pour éviter toute manipulation du drapeau.
  5. Ne pas ramasser sa balle dans le trou.
  6. Lave balle et poubelles neutralisés.
  7. Aucun échange de club entre les joueurs.
  8. Pas d’échange de cartes de score.

La balle, elle, est désormais dans le camp des décideurs.


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