Quelques jours après l’annonce, par le conseil d’administration de l’université de Bourgogne, de son retrait de la Comue UBFC, Vincent Thomas appelle à un nouveau cadre institutionnel. Le président de l’uB vise une collaboration égalitaire en matière d’enseignement et de recherche avec les établissements de Franche-Comté.

Vincent Thomas a profité de la conférence de presse de rentrée, vendredi 9 septembre, pour réaffirmer sa position quant au divorce burgo-comtois. Lequel peut encore être évité, à entendre le président de l’université de Bourgogne. © Arnaud Morel

La rentrée universitaire 2022-2023 a été largement occultée, ce matin, lors de la traditionnelle conférence de presse de rentrée de l’université de Bourgogne, par la grosse actualité du moment, à savoir le retrait de l’uB de la Communauté d’universités et établissements Université Bourgogne-Franche-Comté (Comue UBFC) après 7 mois de crise ouverte et des années de tensions larvées. Vincent Thomas est longuement revenu sur le sujet, tentant d’apaiser un peu les choses. «  Ce n’est pas une scission avec la Franche-Comté. Nous quittons un cadre institutionnel qui est celui de la Comue, mais, en aucun cas, cela n’implique d’arrêter nos coopérations en matière d’enseignement et de recherche  », a-t-il insisté.

Un déséquilibre territorial pointé du doigt

Pourquoi, dès lors, avoir claqué la porte de la Comue ? « L’élément clé est que ce modèle de Comue consacre un déséquilibre territorial à l’échelle de la grande région, concentrant l’essentiel des services sur Besançon, alors que de très nombreux besoins ne sont pas satisfaits sur Dijon, mais également l’arc ouest de la région : Auxerre, Nevers, Chablis, Chalon, Le Creusot, Mâcon. Changeons de cadre institutionnel, conservons ce qui fait notre force, et l’uB sera toujours dans un esprit de collaboration avec ses partenaires.  »

Dans le détail, l’université de Bourgogne reproche une importante concentration des moyens supports à Besançon. Sur environ 80 personnels affectés aux fonctions support de l’UBFC, 14 seulement travaillent à Dijon. « Ces fonctions sont essentielles, au quotidien, car elles recoupent la direction de la formation et de la recherche, le service ressources humaines et les services financiers  », pointe le président de l’uB.

© Arnaud Morel

Une deadline fixée à 2024

L’université de Bourgogne se retirera officiellement le 1er mars 2024. « Cela nous laisse du temps pour nous parler, et élaborer ensemble une nouvelle organisation institutionnelle, à condition que chacun y mette de la bonne volonté », glisse Vincent Thomas. Mais si la Comue est jugée déséquilibrée, par quoi l’uB voudrait-elle la remplacer ? « Il n’y a que 6 cadres légaux prévus par le code de l’éducation. Certains prévoient une fusion, que nous avons proposée à plusieurs reprises, mais qui a toujours été rejetée, d’autres un siège unique, alors que nous contestons ce siège unique, qui est aujourd’hui à Besançon », détaille le président qui, s’il assure être ouvert à la discussion, a quand même une nette préférence pour la mise en place d’une convention de coordination territoriale.

« Il permet de consacrer le duopole universitaire Dijon-Besançon, et d’associer les autres établissements membres de la Comue, voire les organismes de recherche nationaux comme le CNRS, l’INSERM, l’INRAE, ainsi que les établissements de santé, qui sont absents de l’actuelle Comue », conclut Vincent Thomas.

Les explications de Vincent Thomas

Université de Bourgogne : une rentrée stable et un tricentenaire
L’uB comptait 34 321 étudiants au 1er janvier dernier, dont 3 173 de nationalité étrangère et 2 551 en formation continue. « Nos effectifs seront stables cette année, avec, peut-être, une légère baisse en première année, qui correspond à la baisse du nombre de bacheliers », a détaillé Vincent Thomas. 990 étudiants de première année manquent à l’appel par rapport à la rentrée précédente, soit une baisse de l’ordre de 4,7 % pour un total de 20 093 étudiants en première année. L’université fête également ses 300 ans (lire à ce sujet le hors-série de Bourgogne Magazine bientôt en kiosque), avec une journée faste consacrée à l’événement le 26 septembre prochain : déjeuner gastronomique, défilé des universitaires sur le campus, puis concert de jazz en soirée. Une table ronde autour du parcours professionnel d’anciens étudiants célèbres sera organisée. On y entendra l’astronaute Claudie Haigneré, Rachida Dati, ou encore Denis Clerc, fondateur du magazine Alternatives Économiques, tous anciens alumni de l’uB.

Laisser un commentaire