Onfray, Bobin, Fottorino et les autres saluent les génies de la Bourgogne

Michel Onfray, Christian Bobin, Eric Fottorino, Bernard Pivot, Philippe Gelluck s’expriment à la gloire des « génies de la Bourgogne ». Bourgogne tourisme s’est ainsi offert un numéro spécial du journal Le un. Joli coup.

Sans titre

Par Dominique Bruillot

Il y a un an environ, Eric Fottorino partait en croisade pour annoncer le renouveau de la presse payante. Il sillonnait les routes de France pour présenter son concept, « Le un ». Malin, l’ancien rédacteur en chef du Monde a compris que la connaissance avait plus de poids que le papier mal utilisé. Tout le contraire du bling-bling.

Le un est en réalité un format A1 plié en trois. Au premier niveau de lecture c’est donc un 4 pages de format A4, au deuxième cela devient une double page A3 intérieure et verticale, puis un A1 au verso lorsque l’on déplie le tout.  Sur ce dernier, une thématique unique mêlant textes et illustrations, comme sur un poster.

La formule ne gâche rien. A l’impression, Le un n’est qu’un recto/verso de format A1 ce qui, rapporté au contenu qu’il porte en lui, est une indéniable prouesse éditoriale. Du point de vue journalistique, à chacune de ses parutions, Le un fonctionne comme un hors série du moment, « alimenté » par des journalistes de haut niveau, des intellectuels, des observateurs de la société, des illustrateurs et même, ce qui en dit long sur l’anitconformisme du projet à une époque ou la vulgarité l’emporte sur le reste, des poètes. Le un a donc trouvé son positionnement dans les kiosques, mais pas que.

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Michel Onfray ©D.R

Un marteau-pilon insomniaque

La formule se prête en effet à toute sorte de thématique. Bourgogne tourisme s’en est emparée en commandant un numéro spécial à Eric Fottorino: 20000 exemplaires ont été tirés, autour d’un thème central, Les génies de la Bourgogne. Les signatures sont à la hauteur des promesses. Si Fottorino prête sa plume et ses mollets musclés en évoquant ses souvenirs « de randonnées exquises sur (s)on vélo de course, à travers cette infinie coulée verte et bosselée » du Morvan, on se régale aussi à la lecture d’un Christian Bobin qui, en local de l’étape, se lâche sur son Creusot. Ici, dit l’auteur, « c’est le feu des hauts fourneaux et la torture faite à la lune par un marteau-pilon insomniaque. » Décidément, le talent de l’écriture, c’est assommant.

Le un à la sauce bourguignonne est donc un petit ouvrage en papier journal qui, tout en se dépliant, s’ouvre sur un entretien avec Guillaume Brac, à propos de la ville de Tonnerre, de « territoire de fantasmes ». En bon voisin de colonne, Michel Onfray se livre à un exercice de philosophie sensualiste puisée dans le fumet d’une discrète auberge morvandelle. Mais lorsqu’au bout du compte, une fois que tout est déplié, on découvre le « poster du 1 ». Alors, la Bourgogne terre d’innovation se révèle en grand format.

Livrées comme cela, emballées dans du papier à fort QI, ces petites histoires de génies de la Bourgogne ont de la gueule. Entre l’aventure Schneider, l’épopée des anis de Flavigny, l’envol de Look, le retour de la chaise Tolix et la renaissance des cuisinières Lacanche, on se demande encore  pourquoi les Bourguignons n’ont pas réinventé le monde.

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