Philippe Crevoisier, le Seb de la terre

Seb et la Côte-d’Or ont un lien historique qu’il est important de valoriser. C’est ce que va désormais s’attacher à faire son tout nouvel ex-directeur général Philippe Crevoisier dans le cadre d’une mission présidentielle très sensible et territoriale. Le « Seb » de la terre bourguignonne, c’est lui.

© Jean-Luc Petit

Par Dominique Bruillot

On ne cesse de le marteler tant il est facile de l’oublier : Seb, cela veut dire Société d’emboutissage bourguignonne. L’acronyme rappelle que la belle histoire du groupe leader mondial du petit électroménager est née en Côte-d’Or, d’une ferblanterie familiale qui a eu l’excellente idée de créer un fabuleux ustensile de cuisine à la vapeur. On se demande d’ailleurs pourquoi on n’a pas encore construit dans les parages un rond-point-cocotte à la gloire du génie bourguignon et de la famille Lescure !

Is en mode Steam-up

L’histoire est d’autant plus étonnante que le groupe porte aujourd’hui directement 34 000 employés, soit plus que le nombre d’habitants recensés à Auxerre, Beaune ou Autun ! Il se fait connaître par des marques absorbées au fil du temps, les Tefal, Calor, Moulinex, Krups et autre Rowenta. Ainsi que par une fulgurante implication sur le marché asiatique, activée au milieu des années 2000 par sa prise de participation majoritaire dans la société chinoise Supor.
Bref, si le nom de Seb est encore celui qui règne sur l’ensemble de cette activité protéiforme et planétaire, il n’est pas partout et toujours le plus connu de tous les noms qu’il chapeaute. Car au-delà de nos frontières, certaines marques ont un impact local bien plus important.

Seb a inauguré son siège flambant neuf à Écully il y a une paire d’années seulement. Ajouté au reste, ce préalable historique fait prendre conscience de la singularité, pour ne pas dire de la fragilité, des sites de Selongey et Is-sur-Tille, qui emploient plus d’un millier de personnes. Progressivement, la belle histoire des Lescure et de leur ferblanterie originelle semble s’éloigner des chapitres qui s’écrivent, noyée dans des enjeux dont on ne soupçonne évidemment pas la dimension, du simple point de vue bourguignon. Elle souligne en même temps que pour faire tourner une usine, il faut des produits. À Is-sur-Tille, par exemple, après avoir fabriqué des milliers et des milliers d’Actifry, on compte bien sur le nouveau prodige du groupe, le Steam’up, pour alimenter les machines… à toute vapeur !

Seb, c’est mieux chez nous

Au milieu de tout ça, un homme écrit sa propre histoire. Après de solides expériences transalpines et outre-Manche, Philippe Crevoisier a rejoint Seb il y a une quinzaine d’années. Tout près de sa Haute-Saône natale, il a assumé simultanément les présidences des marques Seb et Moulinex, tout en prenant en charge la direction générale de l’activité électrique culinaire, du développement des produits connectés et des grandes évolutions liées au numérique. Actifry et Steam’up n’ont donc pas de secrets pour lui. Il s’est dans le même temps beaucoup investi en Bourgogne, ce qui lui a permis d’accéder à la présidence de l’association de la Cité de la Gastronomie et des Vins, qui gère le grand projet culturel dijonnais.

Âgé de 61 ans, il a tout récemment annoncé son départ de la présidence de la SAS Seb et sa nomination de « conseiller auprès du PDG », ce qui n’a rien, en principe, d’une prolongation honorifique. Comme toujours dans ce genre de situation, une lecture avisée des titres s’impose. On comprend alors que Philippe Crevoisier poursuivra, avec plus de disponibilité que jamais et le bénéfice d’une mission officialisée, son travail dans le territoire bourguignon.

Cela peut avoir de belles conséquences dans des projets comme la Cité de la Gastronomie et des Vins dijonnaise, pour lesquels le groupe, présent aussi auprès de la « cité sœur » de Lyon, manifeste logiquement un grand intérêt. Tout comme cela peut avoir un écho favorable au cœur de la formidable cocotte-minute d’affect qu’est la région Bourgogne-Franche-Comté à l’endroit de son groupe d’appellation d’origine contrôlée. Parce que si Seb c’est bien, Seb chez nous et avec nous, c’est encore mieux.

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