Le bœuf bourguignon sauve le monde

Le boeuf charolais... bombe diplomatique de demain ? © Clément Bonvalot

Charolais et diplomatie: effet bœuf garanti. © Clément Bonvalot

L’information vient du très sérieux Newsweek (cf. article) : des généraux israéliens, iraniens et chinois et des diplomates occidentaux se seraient vus en secret dans un château du sud de la Bourgogne. Le bœuf bourguignon et le puligny-montrachet auraient joué un rôle déterminant dans l’issue de délicates négociations portant sur le dossier nucléaire iranien.

Les négociations les plus importantes ne se font pas toujours sur le devant de la scène internationale. En préambule aux négociations de Genève, les 7 et 8 novembre derniers, une réunion secrète s’est tenue quelques jours auparavant, au château de Sélore, en Saône-et-Loire, à propos du délicat dossier nucléaire iranien. Des généraux israéliens, iraniens, chinois, mais aussi des diplomates français, américains, et australiens ont été les invités du baron Von Pfetten. De son vrai nom, Jean-Christophe Iseux, cet oxfordien et conseiller des autorités chinoises, compte parmi les spécialistes de la question du nucléaire. Pendant trois jours, selon Newsweek, l’accueil et la gastronomie à la bourguignonne auraient aidé à dénouer certaines négociations alors au point mort. Pour le « baron rouge », comme on le surnomme parfois en Chine, il fallait bien cela pour adoucir les débats et parvenir à un objectif ambitieux: ne pas reconduire avec l’Iran ce que le Pakistan avait fait en 1998 en testant sa première bombe atomique. Le châtelain aurait donc reçu tour-à-tour les principaux protagonistes, y compris un officiel iranien, 15 jours avant la rencontre, pour une mise en confiance collective. Avec un avantage conjoncturel non négligeable: « La venue au pouvoir de Rohani en mai dernier permet de discuter plus sereinement. »

L’ambiance est plutôt froide au départ. Von Pfetten fait alors appel à ses origines charolaises qui remontent à sa grand-mère, et aux talents culinaires de son épouse pour détendre l’atmosphère. Mais le bœuf bourguignon, pourtant excellent, n’y suffira pas. Le deuxième jour, quelques entrecôtes charolaises et des carpes tirées de l’étang voisin ouvrent un peu plus la porte des échanges. Le troisième jour, l’hôte sort de sa cave du puligny-montrachet et du clos de vougeot. Aux grands maux, grands crus et grands remèdes. Un jus d’orange est réservé avec une grande courtoise au général iranien présent à ce tour de table insolite.

Finalement, les tensions laissent place à une issue meilleure, toujours secrète, comme il se doit. Mais l’art de vivre à la bourguignonne, avec l’aide d’un couple de châtelains bienveillants, aura marqué de sérieux points sur le terrain de la diplomatie internationale.

 

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