Actions de solidarité à Selongey et Is-sur-Tille, mobilisation de ses équipes internationales pour le développement de dispositifs d’urgence… Le groupe bourguignon met tout son poids dans la lutte contre le Covid-19, tout en étudiant une reprise progressive.

La  ligne de production en activité à Is sur Tille pour honorer des commandes en cours, dans le respect le plus strict des mesures de santé et de sécurité. © SEB

Par Arnaud Morel

Le groupe électroménager français se démène comme un beau diable pour aider à combattre la pandémie. Localement, les unités du Nord Côte-d’Or, le berceau de la marque, à Selongey et Is-sur-Tille, ont fait montre de solidarité en donnant, dans la mesure de leurs stocks, plusieurs centaines de masques, des combinaisons, des visières de protection, aux bons soins d’un des médecins généralistes de Selongey, le docteur Sandrine Pignet. « L’un des chefs de SEB m’a apporté une belle quantité de matériel de protection, que j’ai utilisé dans mon cabinet mais dont j’ai aussi pu faire bénéficier d’autres personnes, en les dispatchant à droite et à gauche. J’en ai distribué aux infirmiers libéraux de Selongey, aux caissières, qui étaient bien stressées par la situation, au foyer logement et même… aux gendarmes », confirme l’intéressée. La généraliste a également reçu des dons de ses patients, plusieurs dizaines de masques FFP2, et se félicite de l’élan de solidarité qu’elle a observé, qui a permis d’éviter les pénuries. Dans le secteur, le nombre de malades est, en outre, resté assez faible, et l’épidémie commence à se tasser, estime-t-elle. 

« Nous avons remis en activité une de nos lignes de production à Is-sur-Tille. Elle fonctionne avec des volontaires et nous sert à satisfaire nos rares commandes, autant qu’à peaufiner notre mise en place des adaptations de poste pour respecter les gestes barrières. »

Nationalement, la «  Société d’Emboutissage de Bourgogne » mobilise son outil industriel et sa chaine logistique au sein d’un consortium chargé de produire 10 000 respirateurs d’ici la fin mai, constitué autour d’Air Liquide. SEB a également donné plusieurs milliers de machines à café et de bouilloires pour équiper les 39 hôpitaux de l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), en plus d’avoir produit du liquide hydroalcoolique sur son site de Rumilly, en Haute-Savoie.

Reprise progressive

L’entreprise ne s’arrête pas là : elle participe à deux projets de type « hackathon », avec notamment une équipe qui « détourne » des moteurs d’aspirateurs pour les inverser et en faire des respirateurs d’urgence. « Nous avons mobilisés nos ressources en matière d’innovation au profit de projets « open source », notamment en lien avec  l’EPITA, une école d’ingénieurs, et un médecin urgentiste en retraite dont le fils est élève de l’école. Ces projets répondent à l’idée d’effort de guerre et visent à produire, en grand nombre, et à moindre coût, des respirateurs d’urgence. Ceux-ci utilisent nos moteurs d’aspirateurs, inversés pour leur faire envoyer de l’air plutôt que l’aspirer », décrit Caroline Phillips, en charge de la communication de SEB.

Aujourd’hui, les activités de la plupart des 42 implantations industrielles de SEB sont fortement ralenties. À Selongey et Is-sur-Tille, environ 30 % des salariés, affectés aux fonctions tertiaires, télétravaillent. Les lignes de production sont à l’arrêt, et la plupart des employés restent chez eux. Mais l’encadrement prépare activement une reprise progressive d’activité. « Depuis une dizaine de jours, nous avons remis en activité une de nos lignes de production à Is-sur-Tille. Celle-ci fonctionne avec des volontaires, et nous sert à satisfaire nos rares commandes, autant qu’à peaufiner notre mise en place des adaptations de poste pour respecter les gestes barrières. Pour l’heure, cette expérimentation s’avère largement positive », analyse la directrice générale Sandrine Vannet.

Pour le moment, la Super Cocotte sort des lignes au ralenti. © JEAN-LUC PETIT

SEB, le bourguignon devenu international

En 1857, Antoine Lescure crée son atelier de ferblanterie à Selongey. En 1944, celui-ci donne naissance à la «  Société d’Emboutissage de Bourgogne », un nom popularisé dans les années 50 grâce au produit phare, la fameuse « Super Cocotte ». La petite entreprise familiale est devenue une puissante entreprise transnationale, employant 34 000 personnes, dans 42 sites industriels répartis sur tous les continents. Au premier semestre 2019, SEB a réalisé 3,34 milliards d’euros de chiffre d’affaires, et un résultat opérationnel d’activité de 230 millions d’euros. En Bourgogne, les usines historiques de Selongey et Is-sur-Tille emploient 700 personnes (respectivement 450 et 250), tandis que le site de Tournus en emploie 150. Le site selongéen est le Centre de compétence mondial pour les autocuiseurs du Groupe, qui maintient sur place des équipes de Recherche et Développement dédiées. Sur les 40 000 m² de l’usine, quatre lignes d’emboutissage produisent près d’un million de pièces par an.

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