Dijon a son parcours de la Chouette, Chalon son chemin de l’Orbandale. Le riche patrimoine chalonnais s’y dévoile le long d’un circuit de plus de 4 km qui relie une bonne trentaine de points d’intérêt dans la cité historique. Suivez le guide pour une visite de Chalon-sur-Saône de toute beauté !

La comète Neowise au dessus de Chalon-sur-Saône
Il n’est pas nécessaire d’attendre le passage de la comète Neowise pour découvrir Chalon-sur-Saône. Toutes les images ©Jean-Luc Petit

Quoi de plus naturel que de se rendre sur le pont Saint-Laurent (1), qui relie le cœur de ville à l’île du même nom pour commencer une visite de Chalon-sur-Saône ? La cité est née ici, de ce pont édifié à l’origine par les Romains, en 14 av. JC pour constituer le point de départ de l’importante voie romaine Chalon-Besançon-Mayence. « Trois ponts romains se sont succédés à cet emplacement, les fondations du troisième, en pierre, se trouvent à l’emplacement exact du pont Saint-Laurent », précise Louis Bonnamour, archéologue et ancien conservateur des collections archéologiques du musée de la Ville. L’une des piles en bois originelles, ainsi que de nombreux vestiges trouvés dans la Saône, s’offrent d’ailleurs aux visiteurs au sein du superbe musée Denon, dont l’entrée est gratuite. Chalon se donne les moyens de séduire, et espère bien attirer de nombreux visiteurs, notamment Dijonnais.

En tournant le dos à la rivière, pour se diriger vers la cathédrale Saint-Vincent, le visiteur découvre, 10 rue des Cochons-de-Lait, une maison étrange, avec une petite emprise au sol mais une élévation certaine et des fenêtres étroites situées en hauteur. « C’est la maison dite tour des Lombards (2), construite au XIIIe siècle. Au Moyen Âge, les Juifs et les Lombards assuraient le rôle de changeur de monnaie, pour les grandes foires de Chalon. La religion catholique réprouvant le commerce de l’argent, elle explique cette étonnante spécialisation de ces deux groupes », décrypte Sylvie Bonin, de l’office du tourisme.

 

(1) Le pont Saint-Laurent, d’où est née la ville
(2) La maison dite tour des Lombards date du XIIIe siècle

Visite de cloître en tours

Arrivé sur la place Saint-Vincent, où s’alignent de remarquables maisons à pans de bois – certaines remontent au XVe siècle – on prend le pouls de la cité, sur l’une des nombreuses terrasses qui animent ce cœur battant.

La cathédrale mériterait à elle seule une visite détaillée, mais c’est à côté, sous les arcades du cloître des Chanoines (3), que l’on découvre une merveille récemment remise en état. Fermé, avec une aile totalement détruite, ce superbe cloître invitant à la méditation a été entièrement restauré en 2018 et 2019. L’aile nord, disparue, a été reconstruite avec une architecture modernisée qui ne cherche pas à cacher sa nature contemporaine, tout en respectant l’esprit du lieu. 40 sculptures en pierre de Saint-Marc, un calcaire de Bourgogne, ont été réalisée par l’artiste Laëtitia de Bazelaire.

En cheminant au centre-ville, le nez tourné vers le ciel, le visiteur découvre de nombreuses maisons remarquables. On citera la Maison des Quatre-Saisons (4), 37 rue du Châtelet, construite au XVIIe siècle pour un avocat au parlement de Bourgogne, Barthélemy Magnien, dont la façade est richement décorée.

N’hésitez pas, sur votre chemin, à pénétrer dans les cours intérieures que vous rencontrez. Vous trouverez l’une des 42 tours-escaliers médiévales, en brique et pierre, que compte la cité. Citons la tour du Beffroi de l’hôtel de ville, rue des Tonneliers, ou encore la tour du Doyenné (5), provenant du logement du doyen des chanoines de la cathédrale, qui se dresse comme un symbole sur l’île Saint-Laurent. Ces tours, qui permettaient de desservir les étages des étroites maisons médiévales, ont fait florès en cité chalonnaise, autant pour leur côté pratique – l’escalier ne mange pas d’espace dans la maison – que, sans doute, par effet de mode.

Le cloître des Chanoines (3), la Maison des Quatre-Saisons (4)

Petit frisson final

Place Pontus-de-Tyard, il ne faut pas manquer l’hôtel de Virey, sans doute l’une des plus belles maisons de la ville. Elle accueille la sous-préfecture. Remarquez les deux façades voisines, dont la seconde, qui donne sur la rue du Général- Leclercq, a été édifiée en 1866. Elle copie-colle l’originale, pour ménager de la place aux services préfectoraux.

Pour finir cette déambulation, dirigez-vous vers le palais de justice, rue Emiliand-Menand. À l’arrière de celui-ci, auquel on accède par l’intérieur du palais, se trouve un vestige de l’ancienne prison de la ville. Devant la salle d’audience n° 8, remarquez une trappe au sol (inaccessible au public en temps normal). C’est là qu’étaient enfermés les condamnés à mort. Un petit frisson d’effroi pour conclure une visite qui ne fait qu’effleurer les richesses de la ville.

La tour du Doyenné (5)

L’Orbandale, un guide médiéval et poétique

Le signe de l’Orbandale

Trois cercles d’or (orbes en vieux français) dans un écusson, tel est le design des jalons qui balisent le chemin de découverte touristique de la ville. Ces trois cercles ornant les armoiries de la cité feraient référence aux trois rangs de briques dorées qui structuraient les murailles de la ville. On trouve un vestige de cette enceinte originelle, aujourd’hui détruite, à l’abord de la cathédrale et du logement des chanoines.

 

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