Dijon Beaune Mag
La rediffusion d’une campagne gouvernementale de prévention contre la cocaïne, mettant en scène un restaurateur consommateur pour « tenir » au travail, rend l’UMIH amère. En Côte-d’Or aussi, l’organisation professionnelle dénonce une « caricature » qui stigmatise à nouveau le secteur.
Le choix du personnage n’est pas du goût des professionnels de l’hôtellerie-restauration. Dans un communiqué relayé par sa fédération de Côte-d’Or – qui représente localement quelque 560 établissements adhérents – l’UMIH nationale s’élève contre la rediffusion d’une campagne de prévention contre la consommation de cocaïne.
En cause : un clip vidéo de 30 secondes mettant en scène un chef de cuisine ayant recours à la drogue pour « tenir » face aux contraintes de son métier.
L’organisation professionnelle ne conteste pas la réalité des addictions dans le secteur. Elle revendique au contraire son action sur le sujet, notamment aux côtés de la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (MILDECA). Mais elle estime que le choix répété de la restauration contribue à enfermer toute une profession dans un stéréotype.
« Pourquoi encore montrer un restaurateur ? Pourquoi pas un avocat, un trader, un communicant ou un membre d’un cabinet ministériel ? », interpelle ainsi l’UMIH dans son communiqué.
Pour appuyer son propos, l’organisation fait également référence à la demande formulée en juin par le Premier ministre d’organiser des dépistages inopinés et obligatoires au sein des cabinets ministériels et auprès de certains hauts fonctionnaires.
Au-delà de cette comparaison volontairement « assaisonnée », l’UMIH entend surtout rappeler que la consommation de cocaïne dépasse largement les cuisines et les salles de restaurant. « Les addictions ne sont pas une spécificité de la restauration. Elles traversent les métiers, les catégories sociales et les lieux de travail », insiste-t-elle, en s’appuyant sur les constats de la MILDECA concernant la diffusion de la cocaïne dans l’ensemble des catégories socioprofessionnelles.
L’organisation a donc décidé de porter son mécontentement jusqu’au gouvernement. Elle indique avoir saisi le Premier ministre ainsi que la ministre de la Santé afin de demander que les visuels concernés « cessent d’être diffusés et soient retirés des canaux de communication institutionnels » sur lesquels ils ont été remis en circulation.