Marie Marc a répondu à une proposition du vigneron basé à Chassagne-Montrachet pour élaborer, avec lui, une cuvée spéciale. La jeune étudiante associe ainsi une formation technique à un master spécialisé dans le commerce international du vin.

Marie Marc, © Jean-Luc Petit
Marie Marc, étudiante à la School of Wine & Spirits Business (rattachée à BSB) et . © Jean-Luc Petit

La démarche est inédite pour la School of Wine & Spirits Business : pour la première fois, une de ses étudiantes élabore une cuvée auprès d’un vigneron. Il s’agit en l’occurrence de Armand Heitz à Chassagne-Montrachet, qui a souhaité proposer cette expérience. « La transmission et le partage sont des notions fondamentales pour moi et dans mon métier », note-t-il sobrement. Armand a élaboré, avec l’encadrement de l’école, un rapide questionnaire pour évaluer la motivation des nombreux candidats ayant répondu à son invitation en août dernier. Son choix s’est finalement porté sur Marie Marc, une étudiante de 23 ans en Master 2, avec qui le contact s’est immédiatement établi autour de valeurs communes. « Je suis totalement en phase avec la philosophie proche de la nature chère à Armand. C’est une dimension très importante pour moi », estime la jeune femme. Les deux partenaires se sont mis d’accord pour travailler une cuvée de gamay, en provenance des vignes que le propriétaire possède dans le Beaujolais.

Des affinités naturelles

Marie a immédiatement commencé sa collaboration, en jouant du sécateur pendant les vendanges, puis en participant au travail en cuverie. « Je suis en contact très régulier avec François Lécaillon, le responsable technique du domaine, où je me rends deux à trois fois par mois. Actuellement, notre cuvée est en phase de fermentation alcoolique, avant l’entonnage », décrit-elle. L’étudiante sait exactement où elle veut aller. « Nous voulons faire un vin avec le moins d’intervention possible, tout en travaillant sa qualité, signature du domaine. Un vin gourmand, facile à boire, un « glouglou » qu’on ouvre entre amis. » Le choix d’une méthode de vinification naturelle rend l’élaboration plus complexe. La fermentation alcoolique se passe plus lentement que prévu. « Entre ce que veut faire le vigneron et ce qu’il peut finalement faire, il y a tout l’aléa, naturel et climatique. Nous faisons le maximum pour arriver à notre objectif, mais ça rend modeste », analyse Marie. En matière de vins de Bourgogne, l’année 2020 est, il est vrai, celle de tous les paradoxes.

L’étudiante rend compte, régulièrement, de son expérience sur le site de son école où elle tient un journal de bord. Et si sa formation la destine naturellement à se spécialiser dans la vente des vins à l’international, elle n’a pas arrêté son choix, comptant bien sur l’expérience qu’elle acquiert pour préciser ses objectifs professionnels. « Je m’imagine bien travaillant à l’export, ou à la vente en cave. Dans tous les cas, il sera important de pouvoir parler du vin, y compris dans ses aspects techniques. C’est alors que mon expérience de vinificatrice prendra tout son sens. »

Armand Heitz n’en est pas à sa première initiative originale comme en témoigne cette vidéo de mars 2020.

La Burgundy School of Wine & Spirits Business. Créée en 2013, la SWSB regroupe les activités de formation et de recherche en management du vin et des spiritueux de la Burgundy School of Business (BSB). L’école forme environ 180 étudiants d’une vingtaine de nationalités, issus des cinq continents. Elle dispense des formations en français et en anglais, notamment un Mastère Spécialisé en Commerce International des Vins et Spiritueux et un MSc Wine Management.

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