Vignes: l’araire n’aime pas les pierres

© Jean-Louis Bernuy

© Jean-Louis Bernuy

Attention aux idées reçues ! L’araire antique est bien un outil digne de figurer parmi la collection du spectacle « Sacrée vigne ! » à l’Imaginarium. Pour autant, tous les vignerons ne l’ont pas utilisé, surtout dans les secteurs rocailleux. C’est ce que nous explique Maurice Dugat, 86 ans et 40 ans de métier.

En partenariat avec L’Imaginarium à Nuits-Saint-Georges

Clairement, le but d’un travail à l’araire est d’ouvrir la terre sans la retourner, afin de pouvoir planter la vigne. Un outil historique, solide, avec un timon en bois et un soc en métal. Ses origines sont lointaines, 3 à 4 000 ans avant notre ère. Aujourd’hui, il creuse encore quelques sillons en Extrême-Orient, en Amérique du Sud voire en Afrique du Nord.

« Seulement, rappelle Maurice Dugat, la charrue n’a jamais existé par chez nous. » Dans les terroirs rocailleux où naissent les grands crus de la Côte-d’Or, l’homme d’expérience sait bien qu’il vaut mieux compter sur ses mains pour y arriver. « Nous devions enlever nous-mêmes les pierres », se souvient-il. La roche à fleur de sol, résistante, évacue toute entreprise hasardeuse. Disposées en murets, le long des clos, elles formaient les murgers. Les vignerons s’en servaient aussi pour bâtir les cabottes, ces cabanes de pierres sèches où l’on pouvait s’abriter…

Jadis, la vigne était plantée en foule, de manière désordonnée. « Sauvage, on a appris à la domestiquer, puis il a fallu greffer », résume encore Maurice Dugat. Autre époque, autres mœurs, empreinte de rusticité, qui met en perspective tout le sens à donner à la relation que l’Homme entretient historiquement avec le terroir.

* Spectacle « Sacrée Vigne ! », tous les jours de 10 heures à 17 h 30, sauf le lundi (de 14 heures à 17 h 30) 
Avenue du Jura, 21700 Nuits-Saint-Georges – Tél. 03.80.62.61.40

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