Dijon Beaune Mag

Lionnel Petitcolas : Il date du tout début de mon activité dans l’hôtellerie-restauration, à l’aube des années 2000, et il n’a jamais faibli. Il s’est plutôt renforcé au contact de mes confrères, devenus des frères et des sœurs d’armes pour défendre notre belle profession. Aujourd’hui, j’en suis le fier représentant en Côte-d’Or.
Une dissonance que nous devons transformer en consonance. Dijon ne doit pas seulement être associé à la moutarde, au cassis ou au pain d’épices. Le vin doit prendre toute sa place dans le florilège des spécialités de la capitale bourguignonne. Sait-on seulement, outre son riche passé viticole, que la métropole compte actuellement plus de 50 hectares de vignes en appellation Bourgogne ?
Dites « 33 » comme les 33 grands crus de la Bourgogne pour voir si le mal est profond ! Nous faisons hélas trop souvent le constat de ce manque de connaissance. Produire les meilleurs vins du monde ne suffit pas, il nous faut les expliquer et les partager.
C’est vrai, l’urgence est d’abord de recruter des collaborateurs motivés par nos métiers, avec comme seul prérequis l’envie de bien faire. Il nous appartient ensuite de les former avec nos contraintes de temps et de budget, mais en faire l’économie serait une erreur : c’est nécessaire pour l’épanouissement de nos collaborateurs et, in fine, pour le service que nous devons à nos clients.
Nos préoccupations étaient plus liées à des sujets fiscaux, pour retrouver des marges de manœuvre pour investir dans nos établissements et améliorer les conditions de travail de nos collaborateurs, ce que je crois nous avons réussi à faire. Aujourd’hui, notre attention doit être plus focalisée sur la qualité de service. Le digital, par exemple, est un allié précieux qui doit nous permettre de nous concentrer sur l’essentiel : le client.
Certainement un peu des deux. J’ai grandi dans une commune viticole de la Côte de Nuits et j’ai été imprégné de cette culture sans forcément m’en rendre compte. Mon métier et l’écosystème associé m’offrent chaque jour l’occasion de développer un peu plus mes connaissances.
Bien sûr, mais je n’oublie pas la modération. On insiste dans les premières années sur sa dimension historique et culturelle. Même si très vite, on passe aux travaux pratiques…
Cette identification contribue à introduire un rapport de proximité entre le consommateur, le vin et son producteur. Le restaurateur pourra le mettre en avant et le caviste saura prendre le temps de l’expliquer.
En préambule on peut commencer par le socle pour garder la distance nécessaire au premier contact. Un petit coup sur l’épaule pour faire connaissance et on descend sur la jambe pour plus d’intimité.
* Premier syndicat patronal du secteur CHRD (cafés, hôtels, restaurants, traiteurs et établissements de nuit), l’Umih Côte-d’Or regroupe 600 adhérents. Longtemps vice-président, Lionnel Petitcolas a succédé à Patrick Jacquier en avril 2024.