Dijon. Le Village de la Cité de la gastronomie placé en redressement judiciaire

Nouveau coup de chaud à la Cité de la gastronomie et du vin de Dijon. Plusieurs établissements du Village de la Cité ont été placés en redressement judiciaire fin août. Cette procédure de la dernière chance doit prochainement concerner les autres commerces exploités par le groupe Krief. Une actualité qui intervient alors qu’une recomposition du site est déjà engagée.

Le Village gastronomique, partie privée de la Cité de la Gastronomie exploité par le groupe K-Rei et son président William Krief. ©Village gastronomique

Le Village de la Cité n’est pas dans son assiette. Plusieurs des établissements exploités par William Krief ont été placés en redressement judiciaire par le tribunal de commerce de Dijon, à la demande du groupe qui les exploite.

L’information a été rendue publique ce lundi 31 août par le groupe municipal d’opposition Agir pour Dijon présidé par Emmanuel Bichot, avant d’être confirmée par Pierre Guez auprès de nos confrères d’ICI Bourgogne.

Arrivé en mars dernier comme consultant du Village de la Cité pour travailler à une nouvelle stratégie et redonner de l’attractivité à ses établissements, ce dernier reconnaît une activité déficitaire, sans en préciser le montant.

Quels commerces sont concernés ?

La procédure concerne La Cuisine Expérientielle, le restaurant Meurette & Persillé et la fromagerie La Planche, ainsi que l’entité Village de la Cité. Une audience doit prochainement permettre de demander son extension aux autres établissements du groupe, notamment Le Manège et La Gloriette.

La poissonnerie L’Écaille et la boucherie Le Billot avaient quant à elles déjà fermé leurs portes après avoir changé de concept.

Pour les autres, redressement judiciaire ne signifie pas fermeture : les établissements encore en activité restent ouverts pendant la période d’observation.

Une succession de difficultés depuis 2022

Ce nouvel épisode intervient quatre ans après l’inauguration de la Cité de la gastronomie et du vin, en mai 2022, et après plusieurs déconvenues concernant certaines de ses composantes privées.

Le projet hôtelier initial a été interrompu après la liquidation judiciaire, en décembre 2024, du groupe qui devait l’exploiter. L’implantation dijonnaise de Ferrandi a également été tuée dans l’œuf fin 2025. Plus récemment, en avril 2026, les trois établissements du groupe Épicure (La Cave de la Cité, La Table des Climats et Le Comptoir de la Cité) ont cessé leur activité après leur liquidation judiciaire.

La Métropole envisage déjà de reprendre le hall

Signe que la recomposition du site avait commencé avant l’ouverture de la procédure judiciaire, Dijon Métropole envisage depuis cet été d’acquérir le hall d’entrée de la Cité, aujourd’hui propriété du groupe exploitant le Village.

France Domaines en a estimé la valeur à 1,3 million d’euros, montant sur lequel les maires des 23 communes de la Métropole ont donné un avis favorable à l’acquisition.

L’objectif affiché par François Rebsamen est d’y installer une présence de l’office de tourisme métropolitain et d’en faire une véritable porte d’entrée touristique du territoire, mais aussi un point de départ vers la Route des grands crus.

Une telle acquisition permettrait aussi à la collectivité de maîtriser l’accès à la partie culturelle et touristique de la Cité, indépendamment des difficultés susceptibles d’affecter son Village commercial.

L’opposition demande de « remettre le projet à plat »

Le redressement judiciaire relance désormais le débat politique autour du modèle économique de la Cité.

Dans son communiqué du 31 août, le groupe Agir pour Dijon estime que le Village aurait accumulé 1,9 million d’euros de pertes entre mai 2022 et fin 2024 et n’y va pas avec le dos de la cuillère en dénonçant un « modèle économique privé en échec ».

L’opposition va plus loin en mettant également en cause l’économie de la partie publique du site et réclame une « remise à plat complète du projet  », ainsi qu’une transparence sur son coût pour les collectivités.

La Cité reste ouverte

La distinction reste essentielle : ce n’est pas la Cité dans son ensemble qui est placée en redressement judiciaire. Le cinéma Pathé, qui fait par ailleurs état d’une performance satisfaisante avec quelque 200 000 spectateurs annuels, l’École des vins de Bourgogne – antenne de la Cité des Climats dont l’avenir fait aussi l’objet d’une réflexion – , la Librairie Gourmande, Bamagotchi, la boulangerie Le Moulin ainsi que les espaces culturels et patrimoniaux poursuivent notamment leurs activités.

Quatre ans après son inauguration, la Cité entre néanmoins dans une nouvelle phase. Entre le redressement du Village, le devenir de l’hôtel qui semble avoir trouvé un repreneur, les changements d’enseignes et le projet de reprise du hall par Dijon Métropole, la recette pourrait sensiblement évoluer dans les prochains mois.