Arnay-le-Duc fait parler l’assiette

Arnay-le-Duc est devenu le temps d’une exposition le temple de l’assiette parlante. A savourer jusqu’à novembre, à la Maison régionale des arts de la table.

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Par Dominique Bruillot

C’est sa quatorzième exposition. Indissociable de la Maison régionale des arts de la table, Evelyne Deloince garde le cap de sa mission avec une foi inébranlable et rend hommage à ce tout ce qui touche à notre art de vivre le plus emblématique parmi tous: la table.

De cet ancien hôpital qui vécut près de trois siècles avant de rendre l’âme en 1977, on a gardé une cuisine et un vaisselier-dressoir. Ce lieu cossu et joli, planté au cœur de la ville, doit sa seconde vie à l’amitié entre Pierre Meunier, le charismatique maire de l’époque et Henri Moisand, alros directeur de la faïencerie de Longchamp et président-fondateur du Comité national des arts de la table. Au bord de la N6, célèbre route nostalgique et gourmande, ce genre d’idées ne pouvait que s’imposer naturellement.

Depuis, chaque année, la « Maison régionale » se réinvente avec une nouvelle exposition. Une fois l’hiver venu, il est temps, en effet, de faire les cartons pour laisser place au marché de Noël, l’autre grand événement annuel porté par l’association. Mais dès février, Evelyne Deloince et ses proches soutiens sillonnent à nouveau les routes de France pour « récupérer », au sens noble du terme, les objets qui feront le succès de l’expositon suivante.

1700 assiettes

Ici, la table est un sujet central, un prétexte à une exposition thématique qui rassemble des pièces prêtées par une centaine de collectionneurs référencés, dont la plupart sont aussi de fidèles visiteurs parmi les 7 à 8000 comptabilisés chaque année. En 2014, le lait avait ainsi pris place dans la Maison régionale des arts de la table, de la vache aux nourrices du Morvan. Le propos, plus culturel que purement muséographique, souvent joyeux donc, s’intéresse autant au contenant qu’au contenu. C’est ainsi que les coquetiers, avec plus de 6000 pièces réunies, ont déjà fait sensation. Cette année, jusqu’à novembre, ce sont 1700 assiettes parlantes et historiées que l’on peut admirer.

« Elles sont bavardes, elles font du bruit » s’amuse Evelyne Deloince, pour évoquer à travers ces joyaux de la table, le talent des illustrateurs qui abordent les sujets de société et de l’histoire, les grands courants de pensée, le plus souvent avec un humour cocardier, sans jamais franchir les limites de la vulgarité. Les transports, les expositions et —surtout— les histoires militaires dominent les thèmes proposés. Au-delà de l’intérêt même de l’objet, émerge alors un évident apport culturel.

Ces assiettes dans lesquelles on ne mange pratiquement plus d’ailleurs, ont le pouvoir d’alimenter l’esprit. Elles constituent un outil de mémoire et de mise en relief de la table. La « Maison » d’Evelyne Deloince, bien que perturbée un temps par les grosses chaleurs et un camion fou qui a explosé le muret d’entrée (avec consécutivement un panneau  « Chantier interdit au public » pour le moins dissuasif!), en fait la démonstration jusqu’en novembre.

Allez-y! Puis, dans la foulée (ou avant c’est selon), faites donc un tour chez Camille par exemple, l’un de ces lieux immuables qui nous rappellent les vertus gastronomiques de la défunte « N6 ». Puis revenez l’année prochaine pour y découvrir la bouteille sous toutes ses formes, mais aussi des bouchons et autres tire-bouchons et tastevins qui nous ferons déguster le vin d’une autre façon.

http://musee-artsdelatable.fr

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