Au Moyen-Âge, le vin meilleur que l’eau

Du blanc en majorité en raison d’un cépage plus solide, du rouge pour l’Eucharistie: le vin connaît un essor incroyable au Moyen-Âge, d’autant qu’il est plus sain que l’eau. Une exposition revient sur cette période au château Clos de Vougeot et dit comment on le buvait à l’époque.

Par Claude Tart

Religion chrétienne oblige, le Moyen-Âge correspond à la plus grande extension jamais atteinte par la vigne. C’est le thème d’une exposition présentée au château du Clos de Vougeot, qui permet de découvrir les us et coutumes de production et de consommation à l’époque médiévale.

Le Moyen-Âge est en effet la période de la plus grande extension jamais atteinte par la vigne. Dès l’époque carolingienne, la vigne s’étend jusqu’aux confins septentrionaux de l’Europe. Cet essor est dû à la christianisation et à l’obligation de disposer de vin de messe, mais également au fait que le vin est une boisson plus saine que l’eau, trop souvent polluée.

Le principal atout de la viticulture est de ne nécessiter que peu d’investissement matériel: tout repose sur un important travail manuel, adapté aux conditions sociales de l’époque (90 % de la population vit alors à la campagne). Avant le XIIIe siècle, on produit principalement des vins blancs, car le raisin blanc est résistant.

Le vin rouge est surtout utilisé pour célébrer l’Eucharistie. A la fin du Moyen-Âge, tout change: on assiste à une valorisation du vin rouge et du clairet, un vin rosé. Compte tenu du rôle majeur tenu par la vigne dans la société médiévale, les commissaires de l’exposition, en l’occurrence les deux historiennes Danièle Alexandre-Bidon et Perrine Mane, n’ont manqué ni de matière ni de thématiques pour présenter le fruit de leurs recherches dans le Saint des Saints du patrimoine viticole bourguignon: après l’évocation du rôle du vin dans la religion chrétienne, sont décrits les travaux viticoles et l’emploi du vin en tant que boisson, ingrédient de cuisine et même médicament.

L’exposition présente également les manières de boire au Moyen-Âge. Mais attention, si « l’eau fait pleurer et le vin chanter », « fort vin esmoeult grande tempeste »… Qu’on se le dise !

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Vendanges à la main Grandes heures de Rohan, Anjou,vers 1430, © Paris, BnF, ms Lat 9471 f° 14v°


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Taille de la vigne à la fin de l’hiver Barthélemy l’Anglais, Livre des Propriétés des choses, 1480, Paris© BnF, ms 9140, folio 185 v° 

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Foulage sous la pergola Ibn Butlan, Tacuinum sanitatis, vers 1395 © BnF, Paris, ms Nal 1673, f° 103 v°

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L’ébriété Ibn Butlan,Tacuinum sanitatis, vers 1395, Paris,© BnF, Nal 1673, f° 88 v°

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