Le circuit local va-t-il rétablir notre rapport à l’agriculture et à l’assiette ? En amont de la première édition du salon J’veux du 21 (24 et 25 avril 2021 à L’Écrin de Talant), DBM propose d’apprécier la réalité de cet engouement. La plateforme « J’veux du local » et l’explosion promise  de la marque Savoir-faire 100 % Côte-d’Or en sont les principaux vecteurs. Le bonheur serait donc dans le « près », autant que dans le pré. Notre dossier.

Savez-vous manger les choux ? © Jean-Luc Petit

Comment en sommes-nous arrivés là ? Comment avons-nous pu faire ce grand écart entre le monde qui cultive et le monde qui consomme, entre la cour de ferme et le frigo de la maison ? Ces questions ont traversé les longs moments passés à table pendant le confinement. À quelque chose, malheur est bon. Le virus, malgré tous les vices qu’on lui prête, a mis au jour, avec un troublante brutalité, la nécessité de consommer court et local, bon et bio, de rapprocher le « culto » du « conso ».

La tendance avait été amorcée avant la crise sanitaire. Sous l’impulsion de l’une des leurs, la Saône-et-Loire (vive la Bourgogne !), les chambres d’agriculture de cet ingouvernable pays aux 365 fromages qu’est la France ont imaginé la plateforme « J’veux du local », créant un outil qui permet aux producteurs du cru de se faire reconnaître dans le Landernau. En Côte-d’Or, le site dédié permet de prendre la mesure de cette aspiration à la proximité. Plus de 300 producteurs couvrent le périmètre côte-d’orien de J’veux du local. Comment ne pas s’enthousiasmer non plus, dans le contexte de cette place Vendôme du vin si exclusive qu’est le 21, avec ses crus inaccessibles, devant la souscription de plus d’une centaine de domaines locaux. On peut y voir l’effet de la toute dernière appellation Bourgogne Côte d’Or. Officiellement lancée en 2019, elle fait instinctivement écho à la marque Savoir-faire 100 % Côte-d’Or.
Le 21, on ne cesse de le répéter, est une sorte de petite France, avec toutes les caractéristiques que cela suppose. En 2018 (source Agreste-Statistique agricole annuelle), ce territoire produit plus de 1,1 million de tonnes de céréales (blé et orge principalement), élève près de 15 000 vaches laitières pour 70 000 vaches nourrices, cultive la vigne sur une dizaine de milliers d’hectares. Santé par les plantes !

Qu’il s’agisse de farines de blé, de fromages ou de salades, les produits 100 % Côte-d’Or garantissent une composante principale d’origine départementale, ainsi qu’une haute qualité environnementale. © D.R.

« Ça fera boule de neige ! »

Peggy Le Nizerhy est directrice Agriculture, Environnement et Partenariat local au sein du Conseil départemental. « La loi Notré permet au département de poursuivre son intervention dans le champ agricole, dans le cadre d’une convention passée avec la Région », rappelle la technicienne. Le Département porte depuis une dizaine d’années une politique ambitieuse de développement de filières locales. La marque Savoir-faire 100 % Côte-d’Or, dûment déposée à l’INPI, est l’emblème du circuit local par excellence. Soit l’ambition « d’identifier, de protéger et faire connaître des savoir-faire, des biens et services de qualité produits en Côte-d’Or ». Les boulangers les premiers ont mis la main à la pâte, sur les bases d’une recette spécifique. Puis vinrent Delin et son fromage, Dijon Céréales et ses légumes Terres de Saône, sans oublier la fameuse appellation Bourgogne Côte d’Or dont DBM proposera prochainement une grande dégustation.

La mayonnaise prend. La démarche se déploie avec la mise en place d’une communication concertée avec les trois chambres consulaires (Agriculture, Commerce & Industrie, Métiers & Artisanat), dont la plus récente des traductions s’exprime à travers la création d’un comité d’agrément commun. « Nous sommes en phase de déploiement, ça fera boule de neige », promet Peggy Le Nizerhy. Des cahiers des charges ont été définis et pourront s’appliquer à bien des produits (glaces, yaourts, miel, œufs, poissons, viandes, champignons, truffes…) et même à des savoir-faire artisanaux. Le Département y réfléchit. Autant de secteurs qui partagent deux dénominateurs communs : « Une composante principale d’origine 100% côte-d’orienne et une garantie de qualité. »

Savoir-faire 100% Côte d’Or

AgriLocal21, autre initiative départementale, a déjà essaimé les productions locales dans les cantines des collèges. L’élan impulsé par la marque Savoir-faire 100 % Côte-d’Or répond à des attentes nouvelles des consommateurs, comme l’a révélé le succès du site J’veux du local lancé par la Chambre d’agriculture pendant le confinement. Pour autant, il faut composer avec des épisodes climatiques de plus en plus violents, qui menacent nos filières culturales les plus iconiques, comme la moutarde et le cassis. « La diversification est une clé essentielle pour faire face à cette situation », assure la directrice de pôle, qui voit aussi dans la démarche générale « la valorisation des filières et un soutien à l’emploi local ». Une gestion pleinement revendiquée par le Conseil départemental, avec l’expertise du terrain. Proximité et vigilance sont désormais les mots d’ordre de la Côte-d’Or agricole.

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