Courban, l’étoile du Parc national

C’est maintenant acquis : le Parc national des Forêts de Champagne et Bourgogne va enfin entrer dans une phase active. Au cœur du territoire concerné, le Château de Courban et son restaurant étoilé ont tout à gagner de cette évolution. Son propriétaire Frédéric Vandendriessche est très enthousiaste sur le sujet.

L’équipe du restaurant étoilé du Château de Courban, entourée des gérants Jérôme et Frédéric Vandendriessche © D.R.

Par Dominique Bruillot
Pour DBM77

On en parle depuis un certain temps sans vraiment savoir de quoi il retourne. Annoncé par le premier ministre François Fillon, confirmé par le président François Hollande, le Parc national des Forêts de Champagne et Bourgogne va entrer dans sa phase active sous l’ère Macron. Cela est confirmé, avec un siège qui a été désigné par les plus hautes instances à Arc-en-Barrois, en Haute-Marne, une petite commune de 766 habitants. On ne va pas épiloguer sur les différents épisodes qui ont secoué les esprits dans le landerneau. Devant composer avec la diversité des centres d’intérêts locaux, la nature mais aussi la chasse, le tourisme mais aussi l’agriculture, pour ne citer que cela, autant dire que l’accouchement de ce onzième parc national français ne se fait pas sans douleur.

Passage à l’acte

L’affaire est autant politique que territoriale. Elle met à l’épreuve la légitimité régalienne des autochtones autant qu’elle fait fantasmer les écolos doux-rêveurs et agace sérieusement les gardiens du foncier local. Mais tout le monde s’accorde à dire, aux confins de ces deux grandes régions viticoles que sont la Bourgogne et la Champagne, qu’un peu de consécration des feuillus, à l’échelle internationale (un parc national c’est avant tout un bel outil de communication !), ne fera pas de mal à cet espace un peu oublié au nord de Dijon, à la croisée d’un nulle part humain dont la force repose, justement, sur son environnement intact, à préserver de toute agression ou négligence.

Le Parc national des Forêts de Champagne et Bourgogne entend notamment préserver les massifs forestiers de Châtillon, d’Arc-en-Barrois et d’Auberive. © Franck Fouquet

Le futur parc, après avoir été incarné par un GIP (Groupement d’Intérêt Public) basé à Leuglay et des débats fort animés, devrait réellement entrer en action fin 2019. Si les électionsr municipales ne viennent pas mettre leur bazar habituel au milieu du projet, tant celui-ci repose beaucoup sur la décision de maires installés dans la durée. Mais il sera là, quoiqu’il en soit, avec des moyens nouveaux, un siège composé d’une vingtaine de permanents et un tas d’effets de leviers qui permettront de canaliser des fonds européens, nationaux et régionaux au profit d’une action coordonnée au service du territoire. Derrière l’arbre d’une grande décision, se cache donc la possibilité d’une foisonnement créatif et profitable économiquement.

Le château de Courban, dont nous avons parlé à plusieurs reprises dans DBM, se trouve justement au cœur du projet. Il est, au sens Michelin du terme, l’étoile du parc. C’est dans ce bel établissement par exemple, que la revue Bourgogne Magazine a organisé, en juin dernier, un débat fourni, le Café des Bourrus « canal historique »*, pour poser la question de l’avenir du parc. Aux premières loges de l’événement, Frédéric Vandendriessche, le patron du Château de Courban, n’a bien évidemment pas manqué une miette de l’échange. Après tout, sa paradisiaque destination ne serait-elle pas amenée à devenir l’un des emblèmes du parc, avec une forte valeur ajoutée, symbole d’un luxe à la française teinté d’aspiration à l’environnement ?

Le Château de Courban, niché dans le Châtillonnais. ©D.R.

Le Parc, c’est maintenant !

« Le Parc national, c’est maintenant, déclarer l’hôtelier. Il nous apportera une visibilité internationale et, à notre niveau, il faudra avoir de solides éléments de réponse face aux journalistes qui se poseront sur le sujet. » Pas faux. Avant même d’évoquer les mutations structurantes qui interviendront entre Bourgogne et Champagne, l’effet curiosité ne manquera pas d’attirer nos confrères, toujours en quête d’un paradis perdu… Après tout, c’est leur métier. Frédéric anticipe les conséquences de cette mutation en profondeur : « Jusqu’à présent, la communication se faisait essentiellement autour du vase de Vix, plus discrètement autour de la destination chasse. C’est bien, mais je suis persuadé que nous allons attirer une nouvelle clientèle, subparisienne par exemple, à la recherche d’autre chose. » 

Un poumon vert labellisé à portée de TGV de Paris (Montbard est une porte d’entrée du parc), ou d’autoroute (A5 ou A31 côté Haute-Marne), cela ne manque pas de charme. « Les entrepreneurs du secteur verront le verre à moitié plein de cette perspective, même si elle remet en question certaines de leurs habitudes », se convainc le gérant, dont les origines flamandes le confortent aussi dans l’idée de pouvoir drainer une population touristique en provenance du nord de l’Europe. L’optimisme est donc de mise : « Si on fait le nécessaire, ce seront 30 000 à 50 000 personnes nouvelles qui viendront chez nous à l’horizon 2030-2040. » C’est tout le mal que l’on souhaite pour le parc national entre Bourgogne et Champagne et son phare étoilé !

Frédéric Vandendriessche, ici de dos en chemise rayée lors du Café des Bourrus organisé à Courban, perçoit à travers le Parc national un formidable potentiel à canaliser. L’établissement familial serait alors le phare étoilé d’un territoire qui ne demande que cela pour attirer un nouveau visitorat. © Jonas Jacquel

* Le Café des Bourrus « canal historique » est un concept déposé de débat convivial, un « café culturel, agriculturel et viticulturel » itinérant et imaginé par les rédactions de Bourgogne Magazine et DBM pour poser les bases de dossiers journalistiques que nos lecteurs ont le plaisir de découvrir ensuite dans nos différentes publications. Ne pas confondre avec d’autres « productions » radiophoniques qui en ont détourné l’esprit.

Château de Courban, 7 rue du Lavoir à Courban (21) – 03.80.93.78.69

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