Vendredi 16 octobre à la Montagne de Beaune, la communauté d’agglomération Beaune Côte & Sud a concrétisé son troisième éco-pâturage. Les protégés de l’éleveur David Bavard vont entretenir cinq hectares de pelouses calcaires pour protéger la biodiversité locale. Retour sur une « bêle » initiative.

Les moutons (et chèvres, absentes de la photo car en troupeaux distincts) ont investi la montagne de Beaune pour ce nouvel éco-pâturage porté par Beaune Côte & Sud en lien avec Natura 2000. © A.C

Les pelouses calcaires, apprend saint Wiki, entrent dans la catégorie des pelouses sèches. Il s’agit « d’un habitat dit patrimonial, en recul et localement menacé (ou disparu), reconnu par l’Union Européenne à travers son réseau Natura 2000 et de grand intérêt pour la biodiversité. » Sans elles, c’est l’apparition de buissons ou de forêts anarchiques et l’inquiétude pour plusieurs espèces de fleurs, insectes et oiseaux. Sachant que la Montagne de Beaune abrite à elle seule une trentaine d’espèces d’oiseaux d’intérêt européen, parmi lesquels le faucon pèlerin.

Ce nouvel éco-pâturage ne sert donc pas seulement à faire joli dans le paysage, il porte en lui des raisons profondes. C’est le troisième du genre sur la communauté d’agglomération, après le site des Étangs d’Or à Merceuil (2017) et celui de Travoisy à Ruffey-lès-Beaune (2018). Le projet fait l’objet d’un contrat Natura 2000 et est subventionné à 80% par ce réseau, a notamment apprécié le maire Alain Suguenot (président de Beaune Côte & Sud), venu accompagné de ses vice-présidents Denis Thomas (maire de Meursault, en charge des Milieux naturels) et Xavier Coste (en charge de l’Environnement) pour l’occasion.

Bientôt soixante pensionnaires pour l’éco-pâturage de la Montagne de Beaune

Vendredi 16 octobre, ont donc été libérés une quinzaine de moutons et de chèvres, de races assez variées*, sous la protection de l’immense vierge dominant Beaune. Ces pensionnaires cornus ou touffus sont « les meilleurs pour lutter contre les plantes invasives et maitriser la végétation sur des zones pentues et difficiles d’accès », certifie leur propriétaire David Bavard. L’éleveur installé à Tailly, en charge d’un plan de gestion pastorale sur cinq ans, veillera sur ses protégés quotidiennement.

À terme, David espère augmenter son cheptel à une soixantaine de têtes. Ses bêtes prendront soin des cinq hectares répartis en différents parcs entre la montagne Saint-Désiré, l’Esplanade de la Vierge et le Monument aux Morts, vaste périmètre soigneusement délimité par un service technique municipal à pied d’œuvre depuis janvier. C’est dans ce terrain de jeu romantique, avec une vue imprenable sur Beaune, que moutons et chèvres vont paître plusieurs semaines. Puis viendra la saison hivernale et le moment de se mettre la laine au chaud, avant de réapparaitre au printemps. Tel sera le rituel des nouveaux protecteurs de la Montagne de Beaune. 


*Les chèvres sont des Pyrénéennes, Saanens et Alpines, les moutons (des brebis essentiellement et un seul mâle) des Suffolk, Solognote, Dorper et Noire du Velay.

> Plus de photos sur Infos Dijon ici

Laisser un commentaire